Voltaire l'imposteur
XVIII siècle, Les lumières

Voltaire l’imposteur

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Voltaire était un personnage odieux, haineux, raciste et antisémite. Un imposteur. Il n’est pas le philosophe des lumières que l’on nous vend dans les manuels d’histoire. C’était un être abjecte de la pire espèce ! Deux historiens que sont Marion Sigaut et Xavier Martin se sont penchés sur ce sombre énergumène. Sources à l’appui, ils nous démontrent comment une véritable propagande ou ingénierie sociale a édifié Voltaire en parangon de la tolérance. Une blague…

 

La famille de Voltaire

 

Le philosophe Voltaire ou François-Marie Arouet est né en 1694 à Paris, deuxième fils d’une fratrie de cinq enfants. Il est le fils de François Arouet ( originaire du nord du Poitou ) un notaire du châtelet devenu conseiller du roi et de Marie-Marguerite Daumart , fille d’un greffier criminel du parlement qui décèdera en 1701. Voltaire sera alors orphelin dès l’âge de sept ans. Son frère ainé, Armand Arouet, avocat au parlement est janséniste , sa sœur Marie Arouet aura deux enfants de Pierre-François Mignot , un fils qui deviendra l’abbé Mignot et une fille Marie-Louise Mignot ou Melle Denis, qui deviendra dès 1745 la maitresse de Voltaire, son oncle. 

 

Enfance & adolescence de Voltaire

 

Il perd sa mère à l’âge de sept ans. 

A dix ans, il rentre chez les Jésuites au collège Louis le Grand à Paris. C’est un élève brillant. C’est le meilleur établissement de la capitale et le lieu ou il côtoie des fils de nobles avec qui il tissera des liens d’amitiés dont il saura se servir toute sa vie :

  • Marc-Pierre d’Argenson ( ministre des finances de Louis XV) et René-Louis d’Argenson ( ministre des affaires étrangères de Louis XV)
  • Le Duc de Richelieu    

A dix sept ans il s’inscrit à l’école de droit ( ce qui ne lui plait pas car il désire être écrivain mais il écoute son père) et est introduit par son parrain l’abbé de Châteauneuf à la société du temple qui réunit toute la crème de la noblesse, des poètes, et des libertins . Cette société philosophique qui prône l’apologie du plaisir se situe dans l’enclos du temple de Paris, ancienne plus grande commanderie de France de l’ordre des chevaliers Templiers et qui appartient à cette époque à l’ordre des chevaliers de Saint Jean.

C’est au sein de cette société littéraire et philosophique, la société du temple, au milieu des libertins qu’il apprendra à faire des vers grivois, des plaisanteries sur la monarchie et la religion.   

Il deviendra l’ami de Ninon de Lenclos, courtisane et femme de lettres célèbre qui lui laissera à sa mort 2 000 livres tournois pour qu’il s’achète des livres.

Voici l’entourage de Voltaire à partir de ses dix sept ans …

Son père qui ne voit pas d’un bon œil, les facéties de son fils, lui trouve une charge de secrétaire privé à la Haye au Pays-Bas. Mais il est renvoyé rapidement. Il le fait de facto rentrer dans l’étude d’un magistrat Parisien.

Arrive alors son sauveur ! Le marquis de Saint Ange, Monsieur de Caumartin intendant des finances en 1690 sous le règne du Roi Louis XIV, qui voit en lui un écrivain et l’héberge dans son château de Saint Ange près de Fontainebleau .

C’est ainsi que Voltaire se fait connaître et assiste à des réceptions au château de Sceaux chez le duc et la duchesse du Maine. Lieu, il est bon de le préciser, se retrouve les ennemis du régent Philippe d’Orléans ( 1715-1723). 

Il y écrit des vers sur la relation incestueuse qu’aurait le régent avec sa fille la duchesse du Berry et se fait donc exilé par le régent à Sully sur Loire en 1716. Il demande la grâce du régent … qu’il obtient pour récidiver peu de temps après.

Suite à cela , a vingt trois ans, le 16/05/1717 il est envoyé à la prison de la Bastille ou il y restera onze mois.

 

Voltaire l’écrivain

 

En 1718, il écrit et fait publier sa première pièce « Œdipe » et prend le pseudonyme de Voltaire. C’est un succès. Puis viendra Artémire et La henriade et bien d’autres œuvres par la suite. 

C’est à cette période qu’il devient l’amant de Mme De Bernières la femme du Président à Mortier du parlement de Rouen.

Mais en avril 1726 suite à la demande de la famille Rohan, importante famille du royaume de France il est de nouveau embastillé. La cause ? Une altercation entre Guy De Rohan, comte de Chabot et Voltaire. Ce dernier lui aurait manqué de respect. Il restera au cachot deux semaines mais sera condamné à l’exil !

 

Voltaire en Angleterre ( 1726-1728)

 

Il a trente deux ans. Il s’installe à Londres et devient bilingue. Il fréquente des philosophes, a ses entrées à la cour du Roi Georges I puis à celle de Georges II. Il compose ses Lettres philosophiques. Il se familiarise avec la mentalité protestante, sa vision du commerce. Il aime ce système économique et sociétal et critique vivement celui de la France qu’il trouve arriéré, moyenâgeux par rapport à l’Angleterre.

 

Retour d’Angleterre & édification de son patrimoine financier

 

En 1728, il est de retour en France mais il doit se tenir éloigné de Paris la capitale.

C’est une période de sa vie ou il va faire de juteuses affaires financièrement. Pas très légale, ni éthique mais qui rapporte… Et Voltaire ADORE l’argent.

 

Ainsi, avec les conseils du mathématicien La Condamine , il participe à une loterie d’état crée par un certain ministre des finances Le Pelletier-Desforts, ministre imprudent qui lui fera gagner beaucoup d’argent. ( L’ état perdra beaucoup d’argent avec cette loterie mal gérée)

Il spéculera sur des actions du Duc François III de Lorraine ou d’après le spécialiste de Voltaire René Pomeau « il aurait triplé son or ». ( Source : Voltaire en son temps Tome I P261) 

En 1730, il reçoit son héritage paternel qu’il placera judicieusement dans les ventes de blés d’Afrique du nord vers l’Espagne et l’Italie et dans les échanges des colonies Françaises avec le Pérou et Mexique (or & argent).

Les frères Paris, banquiers de la cour se chargent de faire fructifier son argent, ainsi les secrétaires de Voltaire Longchamp et Wagnières rapportent qu’en 1734 à la fin de la première guerre d’Italie il aurait touché 600 000 livres grâce à Joseph Paris

C’est alors qu’ immensément riche il prêtera à partir de 1736 de l’argent à des personnes influentes ( nobles, princes Européens…)

 

Émilie du Chatelet

 

En 1733, il devient l’amant d’Émilie du châtelet , une libertine ( son mari militaire est à l’étranger et n’est pas jaloux), une jeune dame de vingt sept ans férue de mathématiques et de physique. Pendant dix ans c’est un bonheur intellectuel pour Voltaire. Lui, l’encourage à traduire en Français les principes mathématiques de Newton et elle, lui fait découvrir le monde de la science.

En 1734 le philosophe publie Lettres philosophiques ou il vante « la modernité Anglaise » , la tolérance et la liberté qui règnent dans ce pays en comparaison avec la France. Evidemment, cela n’est pas du gout du Roi et une lettre de cachet est émise à l’encontre de Voltaire qui s’enfuit à Cirey dans le château de sa maitresse.

Il se fait alors plus discret, et fait des publications clandestines contre l’église, la religion catholique…   

Mais en 1745 Voltaire prend pour maitresse sa nièce Mme Denis et Madame du Chatelet  s’éprend de Saint Lambert en 1748 dont elle aura une fille en septembre 1749. Elle décédera des suites de l’accouchement six jours plus tard. Voltaire sera présent à son dernier souffle.

Malgré sa peine sincère et immense il ne peut s’empêcher de montrer son antiféminisme, sa croyance en la supériorité des hommes sur les femmes avec cette phrase la concernant   » Elle était un grand homme qui portait des jupes ». ( Sources : Xavier Martin, Naissance du sous-homme au cœur des lumières)

Emilie du chatelet Le tonnelier de Breteuil Emilie par Marianne Loir - Voltaire l'imposteur
Émilie du Chatelet, maitresse de Voltaire – Marianne Loir

 

Mme Denis alias Marie-Louise Mignot

 

Mme Denis est la fille de sa sœur, c’est donc sa nièce…

Veuve en 1744, elle devient la gouvernante de son oncle Voltaire, puis en 1745 sa maitresse. Ils vivent rue traversière à Paris. Elle gère les affaires de Voltaire, qui en a fait son héritière, sa légataire universelle.

C’est un couple libre, tous les deux libertins ils ont des aventures chacun de leur coté. 

Il part vivre à Berlin pendant deux ans et demi chez le Roi de Prusse sans elle. Mais elle le suivra à Genève puis à Ferney.

 

Voltaire et la religion

 

Voltaire est un athée. Il est anticlérical au possible et ne s’en cache pas. D’ailleurs un des pseudonymes de Voltaire  est « Misoprist » ou celui qui hait les prêtres.

Il se met donc à dos les catholiques mais également les jansénistes et les musulmans avec sa pièce en 1742 « Le fanatisme ou Mahomet le prophète ». 

 

Haine des catholiques , voici quelques phrases de Voltaire tirées du livre de Xavier Martin « Voltaire méconnu » :

 

« Écrasez l’infâme »

 

  • « Je hais les églises, les prêtres et les messes »
  • « Nous avons croupi depuis Clovis dans la fange »
  • « Le plus absurde et le plus abominable système qui ait jamais affligé la nature humaine »
  • « La superstition la plus infâme qui ait jamais abruti les hommes, et désolé la terre »
  • « Il faut attaquer le monstre de tous les cotés et le chasser pour jamais de la bonne compagnie. Il n’est bon que pour mon tailleur et mes laquais »
  • « Il faut faire très mal mais sans se découvrir. Combattons sous le même étendard sans tambours et sans trompette. Encouragez vos alliés et que les traités soient secrets » (Voltaire à Morellet)
  • « Frappez et cachez votre main » (Voltaire à d’Alembert)
  • « Le bouc du sabbat ( Jésus Christ ) est écrasé et tous ceux qui lui baisaient le cul montrent à présent le leur » (Voltaire à Moultou un ancien pasteur)

Mépris des Musulmans :

La haine est beaucoup moins profonde pour la religion Musulmane, c’est plutôt du mépris. En effet, cette religion peut concurrencer le catholicisme … et ainsi causer sa perte. C’est loin d’être anecdotique car annoncé à Voltaire dans une lettre du Roi de Prusse, l’Empereur Frédéric II qui lui écrit ainsi en 1775 :

« Pour moi en fidèle disciple du patriarche de Ferney ( c’est à dire de Voltaire ), je suis à présent en négociation avec mille familles Mahométantes auxquelles je procure des établissements et des mosquées dans la Prusse Occidentale. Nous aurons des ablutions légales et nous entendrons chantez Hilli Halla sans nous scandalisez. C’était la seule secte qui manquât dans ce pays. »

 

Comme disait le philosophe et l’encyclopédiste des lumières Diderot, « le seul moyen de neutraliser les religions, c’est de les tolérer toutes sans aucune exception et de les décrier les unes par les autres en les rapprochant les unes des autres ».

La tolérance et le mépris… Tolérance anti-catholique.

 

  • « L’arriviste habile ( Mahomet ) qui exploite la sottise de ses compatriotes »
  • « Mahomet n’était qu’un trompeur habile qui trompa les imbéciles »
  • « J’ai l’honneur de haïr son croissant »

 

Voltaire et l’esclavage

 

Voltaire a des intérêts financiers dans la traite de l’esclavage. C’est le Docteur Jean-Robert Tronchin, un financier de Genève  faisant du commerce maritime en Europe de l’ouest qui gère les affaires de Voltaire. Or au XVIII siècle, le commerce maritime principal à l’ouest était la traite négrière … Et il semble peut probable que Voltaire l’ignorait .

  • « On dit que nous n’avons plus de nègres pour travailler à nos sucreries. J’ai bien fait de me pourvoir. »
  • « J’attends avec toute l’impatience d’un mangeur de compote votre énorme cargaison bordelaise. » ( A Tronchin )

Enfin, dans le livre de l’historienne Marion Sigaut «  Mourir à l’ombre des lumières » (p137-138) nous apprenons que Voltaire a pris la défense en 1748 d’un certain Bertrand Mahé dit la Bourdonnais lors de son procès, lieutenant de vaisseau pour la compagnie des Indes et gouverneur des îles Mascareignes. En effet, ce dernier faisait non seulement un trafic d’esclaves et d’enfants de l’hôpital général de Paris mais maltraitait également ses marins. 

Voltaire l’ignorait également?

 

Le caractère de Voltaire

 

Voltaire est un être méprisant auprès du genre humain. Ce n’est en rien un humaniste. C’est un égocentrique.

Voici quelques unes de ces phrases dont les sources se trouvent citées dans le livre « Voltaire méconnu » de Xavier Martin :

  • « La terre est couverte de gens qui ne méritent pas qu’on leur parle » (Voltaire au cardinal de Bernis)
  • « Le public est un animal à longues oreilles, (âne) qui se rassasie de chardons, qui s’en dégoute peu à peu, mais qui brait quand on veut les lui ôter de force. »
  • « Les philosophes sont au dessus des autres hommes » ( Voltaire à Damilaville )
  • « Les philosophes sont la plus pure portion du genre humain »
  • Voltaire recommande à d’Alembert « Beaucoup de mépris pour le genre humain »

 

Mépris des juifs :

  • « Une chétive nation d’esclaves, pour qui les grands et les petits ont un mépris égal » (Essai sur les mœurs et l’esprit des nations)
  • « Ils ne connaissent ni l’hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence…Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps chez cette nation atroce »
  • « De tous les peuples le plus grossier, le plus féroce, le plus fanatique et le plus absurde. »
  • « Leur langue est un mélange barbare d’ancien phénicien et de chaldéen corrompu ».
  • « Une petite bande composé d’usuriers et de lépreux ». ( les lettres d’Amabed)
  • « Je dirai pour leur justification ( les femmes juives ) qu’elles ne pouvaient changer d’habits. Elles n’avaient point de chemise. Les boucs du pays purent très bien les prendre pour des chèvres à leur odeur. Cette conformité put établir quelques galanteries entre les deux espèces. » ( Mélanges Voltaire )
  • « Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s’emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants; ils ne réservent que les filles nubiles, ils sont les ennemis du genre humain. »

L’abbé Guénée sera indigné des propos de Voltaire et le fera savoir :

 » Calomnier les juifs pour vous est un jeu et l’amusement de votre douce philosophie. ô apôtre de la tolérance et de l’humanité, Est-ce ainsi que vous mettez en pratique la bienveillance universelle que vous prêchez ? »

 

Pour ceux qui doutent encore, lire le livre du député Franc maçon de gauche Henri Labroue « Voltaire antisémite ».

 

Mépris des Français ou (des Welches, sobriquet donné aux Français ) :

  • « Ô Welches, pauvres Welches, Oh mon Dieu polissons que vous êtes combien je vous méprise »
  • « Une race de singes dans laquelle il y a eu quelques hommes »
  • « Il y a des gens d’un grand mérite chez les Welches mais le gros de la nation est ridicule et détestable »
  • « Allez mes Welches Dieu vous bénisse , vous êtes la chiasse du genre humain »

Intolérance de Voltaire :

  • « Mieux vaux si possible ne pas le contrarier … Actuellement pourvu que j’applaudisse à toutes ses fantaisies, quelques déraisonnables qu’elles puissent être, nous sommes très bon amis, et c’est le parti que j’ai pris. » (Mme Denis à Le cornier de Cideville)
  • « les plus légères critiques l’ont toujours mis en fureur » nous dit l’abbé Trublet
  • « Il est d’une défiance étonnante, le moindre mot lui fait ombrage » Wagnière son secrétaire

 

Voltaire est un menteur patenté :

  • « Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours ».  (Voltaire à Thiériot )
  • « Mr de Voltaire n’a pas de longues habitudes avec le vrai » ( La Beaumelle à Mme Denis )
  • « Vous savez mieux que personne que les mensonges font plus de chemin que les vérités » (Frédéric II à Voltaire)

 

Voltaire ou la police de la pensée

 

Voltaire ne supporte pas le talent des autres écrivains, libellistes …. et encore moins les critiques à son encontre.

Il est contre la liberté d’expression, c’est un censeur. 

Il se montre impitoyable avec certains :

  1. Clément dans ses observations critiques s’attaque à Voltaire, à sa généalogie … Voltaire se plaint au chancelier Maupéou qui fera ce qu’il faut pour interdire l’impression d’une nouvelle satire de Clément.
  2. La Beaumelle le Huguenot, le protestant qui fera deux séjours en prison sur dénonciation de Voltaire. 
  3. Voltaire fait fermer une vingtaine de librairies ( il a des amis hauts placés dans la police, La Pompadour…. ) dans lesquelles on retrouve des écrits qui ne lui plaisent pas !
  4. Il essaye d’obtenir du lieutenant de police Feydeau de Marville une lettre de cachet contre l’écrivain Roy. En vain.
  5. Louis Travenol, violon de l’opéra et libelliste ami de l’écrivain Roy  subit les fourberies de Voltaire et lui fait un procès.
  6. Elie Fréron, journaliste qui critique vivement Voltaire se verra lui aussi emprisonné à For l’évêque.

Sans parler de Jean-Jacques Rousseau qu’il ne peut pas sentir…..

Mme de Graffigny est outrée des façons de faire de cet apôtre de la liberté :

« C’est une chose affreuse que les continuelles persécutions de Voltaire contre la librairie, et la haine et le mépris que cela lui attire, lui apôtre de la liberté… Il montre toute l’infamie de son âme que j’ai tant cherché à excuser, c’est un monstre. »

 

Nous voyons ici que Voltaire, ce cher humaniste tant cité en exemple pour promouvoir le siècle des lumières, ce chantre de la liberté d’expression est loin de se battre pour la liberté de penser !

Pire, il se servait de ses connaissances dans la police ( lieutenant de police Sartine … ) pour mettre en difficulté ses adversaires ( Jean-Jacques Rousseau, Roy, Fréron ….  ). Une hyène. 

 

Les amis de Voltaire

 

Voltaire crée la défiance autour de lui par son sale caractère mais il a tout de même des amis. Enfin … des gens avec qui il fait des affaires, prête de l’argent , complote …. C’est un mondain et les amitiés doivent servir à quelque chose.

Tout jeune, au lycée Louis le Grand il a pour amis :

  • Le Duc de Richelieu
  • Les frères d’Argenson, tous les deux ministres du roi Louis XV
  • D’Argental, conseiller au parlement de Paris  

Plus tard, il sera proche de la Marquise de Pompadour, la maitresse du Roi Louis XV. Ce dernier par contre ne trouvait pas Voltaire de bonne compagnie et s’en méfiait comme de la peste.

Il aura des amitiés dans la police qui lui serviront à faire emprisonner certains de ses collègues écrivains comme le lieutenant de police Malesherbes, Sartine

 

Il aimait la compagnie de Jean le Rond d’Alembert, mathématicien, philosophe, et de l’ancien garde corps du Roi et homme de lettres Damilaville. Des encyclopédistes.

Ces derniers avec qui il échangeait des courriers commençant par « A mes frères en Belzébuth » et finissant par « écrasez l’infâme ».

Un clan anticatholique s’était ainsi formé avec pour objectif d’affaiblir puis d’écraser l’infâme c’est à dire l’église. Il avait par ailleurs le soutien dans cette entreprise d’un autre ami,  Frédéric II l’Empereur de Prusse,  lui aussi foncièrement anticlérical et surtout Franc maçon.

Apparemment selon l’auteur Louis Amiable dans « Une loge maçonnique d’avant 1789  » Voltaire était également membre d’une loge maçonnique,  « la loge des neuf sœurs » .

Extrait d’une lettre d’Alembert à Voltaire datant du 29/08/1764 au sujet des Lettres philosophiques  ( livre de Xavier Martin « Voltaire méconnu » ) 

« Jai lu, par une grâce spéciale de la providence, ce dictionnaire de Satan dont vous me parlez. Si j’avais des connaissances à l’imprimerie de Belzébuth, je le prierais de m’en procurer un exemplaire, car cette lecture m’a fait un plaisir de tous les diables. »

Autre amitié de la même veine, Jean Baptiste Boyer d’Argens chambellan du Roi de Prusse. Voici un extrait de lettre de Voltaire à Boyer d’Argens du 03/03/1754 : 

« Belzébuth vous ait en sa sainte garde, mon cher marquis…Tachez de venir aujourd’hui chez votre frère le damné. » ( celle ci de mars 1753)

« Frère, mes entrailles fraternelles qui s’émeuvent me forcent à vous saluer en Belzébuth……..Adieu, gardez vous des langues de basilic, et songez que qui n’aime pas son frère n’est pas digne du royaume ou nous serons tous réunis. » ( 1754)

Le vocabulaire employé dans ses lettres avec certains de ses amis nous laisse perplexe…

En effet, ce n’est pas la même chose d’être athée que de sembler rendre hommage au prince des ténèbres !

Voici toujours extrait d’une lettre de Voltaire à Boyer d’Argens en mars/avril 1754 tirée du livre « Voltaire méconnu » de Xavier Martin :

« Si je n’étais pas assez près d’aller voir Satan notre père commun, et si nous pouvions nous rencontrer dans quelque coin de cet autre enfer qu’on appelle la terre, je convaincrais votre révérence diabolique de ma sincère et inaltérable dévotion envers elle. Ce n’est pas qu’un damné ne puisse donner quelquefois un bon coup de queue à son confrère quand il se démène et qu’il a un fer rouge dans le cul: mais les véritables et bons damnés voient le cœur de leur prochain……Souvenez vous de la parole sacrée que nous nous sommes donnée dans le caveau de Lucifer, de ne jamais croire un mot des tracasseries que pourraient nous faire les esprits immondes déguisés en anges de lumière. »

 

Surprenant !

Il apparaît ici que Voltaire ne croyait pas en Dieu mais en Satan ? Apparemment il fait allusion dans cette lettre à un pacte scellé par une parole sacrée.  Ou bien était ce un jeu, une blague entre amis ?

En tout cas, ce qui est sûr c’est que Voltaire était un personnage haï par beaucoup de gens et notamment son secrétaire Collini de 1752 à 1756 à Berlin à la cour de Frédéric II . En effet, quittant le service de Voltaire il écrit ses craintes d’avoir côtoyé ce philosophe dans une lettre à S. Dupont de 12/1754 :

« Ce philosophe sec, pâle et hideux ….Je n’aurai aucun embarras pour retrouver mon corps : il n’a besoin que de quelques réparations, mais c’est mon âme qui m’inquiète, elle est je ne sais ou, j’ignore ce qu’elle est devenue, je la crois même perdue à jamais. » 

 

Frédéric II , Roi de Prusse

 

L’Empereur Frédéric II, le despote éclairé, qui est Franc-maçon et surtout anticlérical comme Voltaire a entamé une correspondance avec ce dernier en 1736. Elle durera jusqu’à la mort du philosophe. Voltaire séjournera auprès du Roi de Prusse plusieurs fois mais ce n’est qu’en 1750 qu’il s’installe définitivement pour deux ans et demi à Berlin, au « château de sans souci », demeure de l’Empereur. Sous son règne la Franc-maçonnerie connaitra un essor considérable en Allemagne. 

Ils ont tous les deux une complicité idéologique ( les lumières ). Pourtant, Voltaire n’est pas tendre avec lui ( en fait il est odieux avec tout le monde ) puisqu’il le surnomme dans un courrier à Maupertuis « la singulière et aimable putain« . Charmant …

Mais il l’appelle également « Luc », surnom d’un singe de l’entourage de Voltaire et anagramme de cul, en référence au mœurs sexuels de l’empereur .

Frédéric II est homosexuel, sa cour regorge de beaux jeunes officiers. Pour la petite histoire, à ses dix huit ans il tente de s’enfuir avec son amant à Londres mais son père l’Empereur Frédéric Guillaume le fait emprisonner et l’oblige à voir la décapitation de son aimé sous ses yeux. Cela forge un homme pour le meilleur ou … pour le pire.

Il est devenu un personnage relativement cynique, tyrannique et anticlérical. Ce qui explique certainement son amitié avec Voltaire.

Voltaire qui ne l’épargnera pas de sa haine .

En effet, quand les Russes en guerre contre la Prusse semblent prendre l’avantage,  il écrit à son ami  d’Argental :

« ô destinée ! Je n’aime point Luc, il s’en faut beaucoup. Je ne lui pardonnerai jamais ni son infâme procédé, ni la hardiesse qu’il a de m’écrire deux fois par mois des choses flatteuses sans avoir réparé ses torts. Je désire beaucoup sa profonde humiliation. »

 

Il faut dire que Frédéric II voit clair en son jeu. Il sait qui est Voltaire, un être retors. Il n’hésite pas à le sermonner quand il dépasse les bornes dans ses écrits ou ses paroles et ne s’en laisse pas conter  :

« Comprenez qu’il y a des libertés permises et des impertinences intolérables aux gens de lettres et aux beaux esprits. Devenez enfin philosophe, c’est à dire raisonnable. »

 

C’est ainsi, qu’ au bout de deux ans et demi, en mars 1753, les disputes, les querelles entre ces deux fauves sont tellement violentes que la séparation est inéluctable. Voltaire emporte alors avec lui un cahier de poésie offert et rédigé par Frédéric II mais ce dernier se ravise et se méfie de lui. Il le fait arrêter à Francfort le 31 mai afin de récupérer son cahier. Voltaire est furieux de cette humiliation.

Il ne peut rentrer à Paris où il est persona non grata et achète donc par l’intermédiaire du Dr Tronchin ( prête-nom ) en 1755 « la maison des délices » à Genève ( qui est maintenant le musée Voltaire). 

 

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Frédéric II Empereur de Prusse (1712-1786 )

La Maison des délices & le Château de Ferney

 

C’est donc en 1755 qu’il fait l’acquisition de « la maison des délices » à Genève, puis achète en 1758 le château de Ferney à la frontière Franco-Suisse. Effectivement, sa contribution à l’encyclopédie des Lumières n’est pas du gout de la République de Genève. Il s’éloigne donc un peu … Il y vivra vingt ans avant de revenir mourir sur Paris en 1778.

L’héritière du château sa nièce Mme Denis s’en débarrassa rapidement ainsi que le mobilier. La bibliothèque du philosophe fut achetée par Catherine II de Russie et se trouve aujourd’hui au musée de l’ermitage à Saint Pétersbourg en Russie.

 

Mort de Voltaire

 

Voltaire décéda à Paris âgé de quatre vingt trois ans le 30 mai 1778. Il était chez son ami le marquis de Villette. Ce dernier demanda à un embaumeur de retirer le cœur du défunt. Ce cœur restera pendant un siècle dans la chambre de Voltaire au château Ferney . En effet, le marquis de Villette en deviendra, suite à la mort du philosophe, le propriétaire. 

Enterré à l’abbaye de Scellières près de Troyes, ses cendres, elles, sont transférées au panthéon en juillet 1791.

Napoléon III en 1864 décidera de ramener le cœur de Voltaire à la bibliothèque nationale de Paris. Il s’y trouve aujourd’hui inséré dans une statue de Houdon.

Son cerveau quand à lui a été pendant un temps conservé par la famille de l’embaumeur Mr Mitouart. Il se trouve aujourd’hui dans la statue en marbre de Voltaire à la comédie Française. ( Sources : Pariszigzag.fr)

 

 

En conclusion, Voltaire était un adversaire acharné de la monarchie et de l’église. Il contribua à propager les germes de la révolution Française. Le problème c’est qu’il n’incarnait pas ses grandes idées d’humanisme, de tolérance, d’égalité entre les hommes que l’on trouve dans ses écrits. C’est un imposteur.

C’était un fourbe, un lâche, un menteur, un jaloux ….. avec du talent certes, mais qu’il mettait au service des ennemis de la France. Car salir sa patrie et les Français était pour lui jubilatoire. 

 

 

 

 

Sources : 

  • « Voltaire méconnu » de Xavier Martin, historien des idées politiques

Pour aller plus loin :

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