Jérôme Savonarole - Dans sa cellule au couvent San Marco 1498 de Fra Bartolomeo
Histoire,  Italie - Quattrocento,  Moyen-âge XV siècle

Savonarole

Jérôme Savonarole ou Girolamo Savonarola est un frère Dominicain, prédicateur et réformateur qui institua une certaine dictature religieuse à Florence entre 1494 et 1498. Il fut un des personnages du Moyen-âge précurseur de la réforme de l’église à venir.

Il naquit à Ferrare en Italie du nord en septembre ( le 21 ou 24 ) de l’année 1452. Sa famille relativement aisée lui permit de faire des études de médecine dans la lignée de son grand père paternel Michel. Ce grand-père qui s’intéressait également comme beaucoup de lettré et érudit de son époque, le Quattrocento,  à l’alchimie ( source ICI). L’on peut en déduire que Jérôme Savonarole était lui aussi familier de cet Art sans pour autant le pratiquer, ce qui expliquerait son amitié sans faille avec Pic de la Mirandole et Laurent de Médicis.  C’est un intellectuel et très jeune il lit les Saintes écritures, Aristote, Platon et Saint Thomas d’Aquin.

Fin observateur de son époque, il écrit un poème à l’âge de 20 ans ou il dénonce l’avilissement de la société avec une recrudescence de la luxure, des mœurs décadentes et l’éloignement pour beaucoup  des préceptes Chrétien. 

C’est donc naturellement qu’en 1475, à l’âge de 23 ans, il entre au couvent des Dominicains et devient moine en 1476.

A l’université de Bologne , la première et plus ancienne université Européenne,  il étudie un temps la théologie.

En 1482 il arrive au couvent Saint Marc de Florence et continue ses études mais prêche également dans toute la région. Il se fait remarquer par son éloquence,  par la hardiesse et la violence de ses propos qui dénonce les abus des Médicis, alors propriétaire de la ville de Florence.

Ami du peintre Botticelli mais également du comte Pic de la Mirandole ( Savonarole est son confesseur) qui est philosophe, humaniste, théologien et fondateur de la Kabbale Chrétienne, Savonarole est écouté  malgré les apparences par Laurent de Médicis qui fut son ami et protecteur pendant un temps. Ce dernier, d’ailleurs, bizarrement ( car Savonarole n’est pas tendre avec lui ) lui demandera de venir à son chevet lors de son agonie …

Savonarole dérange la société Florentine car il prêche contre le trafic des  indulgences de l’église ( achat d’une place au paradis), contre le luxe, l’hypocrisie des mœurs décadentes de l’église, la recherche du pouvoir et de la gloire, la luxure et les abus des puissants…

Il devient dès lors l’adversaire, la  persona non gratta du pape Alexandre VI et de Rome qui voit en lui un homme trop honnête !

En 1494, Savonarole rencontre le Roi de France Charles VIII et évite le pillage de la ville. Les Médicis sont alors évincés du pouvoir et les Florentins choisissent Savonarole comme dirigeant de Florence. Il met en place une république Chrétienne et religieuse afin de vivre selon les préceptes Chrétien. Les principales actions du moine porteront sur : 

  • Abolition de la torture
  • Modification  du système d’impôts ( plus juste et équitable)
  • Lois contre l’usure ( taux d’intérêts)
  • Mise en place d’aides pour les pauvres, création du Mont-piété
  • Création d’une sorte de milice d’enfants prônant dans les rues la charité, 
  • Promulgue une loi contre la sodomie et donc contre les homosexuels ( son ami Pic de la Mirandole pourtant est homosexuel)

En 1497, il à l’idée d’allumer un bûcher sur la Piazza della Seignoria ou seront brûlés toutes sortes d’objets affiliés selon lui à des vanités. Ainsi des bijoux, des miroirs, des vêtements richement ornés, du maquillage, des parfums, des livres jugés immoraux, des peintures avec des corps nus ( notamment certaines de Botticelli), des jeux… attiseront les cendres de ce que l’histoire a nommé « Le bûcher des vanités ».

Savonarole en demande trop au peuple, le commerce de Florence n’est plus florissant, la ville n’attire plus … et le peuple réagit, se révolte.

En mai 1497, Savonarole est excommunié par le Pape Alexandre VI, puis accusé d’hérésie en 1498. ( don de prophétie, erreur d’interprétation des textes religieux…)

Il reste 50 jours en prison et est torturé deux fois.

Il est pendu le 23 mai 1498  avec deux moines proches de lui, qui ont confirmés ses dons de prophétie. Son corps est ensuite brûlé  sur la Piazza della Signoria et ses cendres jetés dans l’Arno.

C’est encore aujourd’hui une figure controversée du catholicisme pour certains qui voit en lui un hérétique. Pour d’autres, comme le pape Paul III ,  ou les protestants il est au contraire un modèle de l’idéal chrétien.

 

 

 



Portrait of Girolamo Savonarola 1524 - Savonarole
Girolamo Savonarola
Hanging and burning of Girolamo Savonarola in Florence - Savonarole
Bûcher de Savonarole sur la Piazza della Seignoria 1498 – Peintre anonyme

Sources :

L’univers de Jérôme Savonarole

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