Sarcophage de Saint Gilles, crypte de l'abbatiale
France,  Gard,  Occitanie

Saint Gilles

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Saint Gilles du Gard est situé dans le Gard en région Occitanie. La ville fut au moyen-âge, au XII siècle précisément, le quatrième lieu de pèlerinage de la Chrétienté médiévale après Rome, Jérusalem et Saint Jacques de Compostelle.

Non loin D’Arles (17 km), et de Nîmes (20 km) Saint Gilles est également proche de la Camargue puisqu’à 32 km d’Aigues-Mortes et des Saintes Maries de la mer.

L’origine de Saint Gilles remonterait au VI siècle avant JC ou des Grecs venus de Marseille auraient élus domicile sur le site ( vers l’argentière-Espeyran). La cité antique « Rhodanousia Grecque » se trouve probablement ici.

Par la suite, les lieux ont été délaissé mais au I et II siècle de notre ère c’était encore un port lagunaire Romain important.

Au III siècle, ce port lagunaire fut abandonné pour un autre port situé en contrebas de Saint Gilles. C’est à partir de là que la ville va se développer.

Elle est mentionnée en 814 grâce à la présence d’un monastère Bénédictin fondé par Wamba, Roi Wisigoth et ami de Gilles l’ermite. Ce dernier, d’ après la légende, aurait été blessé par une flèche lors d’une chasse du Roi , qui était destinée à une biche .

Le Roi pour s’excuser de l’avoir blessé, construit un monastère à Saint Gilles et le nomma premier abbé.

Il est invoqué pour guérir la folie, la stérilité, les dépressions.

Et c’est vers le XI siècle avec le pèlerinage lié à la dépouille de l’ermite Saint Gilles , que la ville connait un essor spirituel considérable avec son pèlerinage ainsi qu’un essor économique important. Placée sur la Via Tolosana, elle est également une étape sur le chemin vers Compostelle.

Elle devient une cité portuaire de premier ordre au sein du bassin Méditerranéen. Les marécages sont aménagés afin de faciliter les transports par voies navigables ( maritimes avec le petit Rhône & fluviales avec les marais, étang de Scamandre ). Lieu d’échanges commerciales, de communication, elle est aussi le lieu ou se retrouve les pèlerins en partance pour Jérusalem.

Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse est le Seigneur des lieux au XI siècle et il est également un des chefs de la première croisade.

L’ordre des Templiers et des Hospitaliers ont des maisons au sein de la ville, notamment en bordure de l’étang de Scamandre, non loin du port. Ces deux ordres de chevalerie contribuent à la prospérité de la Camargue avec l’accueil des pèlerins ( pèlerinage de Saint Gilles mais aussi en partance pour Rome, Jérusalem, étape de Saint Jacques de Compostelle), l’aménagement de salins, le commerce de la pêche…

Saint Gilles rayonne mais avec la croisade contre les Albigeois au XIII siècle, le Roi de France en profite pour placer ses hommes dans le midi de la France et fait en sorte que la puissance et l’autorité des seigneurs locaux diminue.

Ainsi, Louis IX ou Saint Louis fait construire un nouveau port non loin de Saint Gilles : Aigues-Mortes

Et dès 1240 , ce nouveau port devient le lieu d’embarquement des croisades pour la Terre Sainte, Jérusalem.

Les commerçants, artisans, négociants délaissent petit à petit la ville et vont s’installer à Aigues-Mortes. Le déclin économique est entamé mais aussi l’abandon progressif du pèlerinage à Saint Gilles.

Plus tard, viendront la famine (1346-1347), la peste (1348)…

Les remparts de Saint Gilles

Saint Gilles était une ville fortifiée avec son enceinte et 7 portes d’accès. Seule subsiste aujourd’hui la porte des maréchaux ou porte du Mazel.

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Porte des maréchaux des remparts de Saint Gilles

Devant ces remparts qui sont aujourd’hui place Frédéric Mistral se tenait au moyen-âge le marché des bestiaux. Au dessus des remparts était l’hôpital ou l’hôtel Dieu tenu par les Hospitaliers ( bâti en 1257) .

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Remparts de Saint Gilles du Gard


Le vieux Saint Gilles

La maison du Prieur de l’ordre des chevaliers de Saint Jean se trouve dans le vieux Saint Gilles, proche de la porte des maréchaux, toujours debout…

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Maison du grand prieur de l’ordre des Hospitaliers à Saint Gilles du Gard

La maison romane édifiée au XII et XIII siècle est la maison natale du Pape Clément IV. Elle se visite mais était fermée lors de ma visite pour cause de restauration.

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Maison romane, Saint Gilles
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Hostellerie pèlerinage à Saint Gilles
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Rue de Saint Gilles du Gard


L’abbatiale de Saint Gilles

L’abbatiale actuelle a été édifiée entre la fin du XII siècle et le XIII siècle. Elle a été construite sur l’emplacement d’une ancienne église ( qui possédait une crypte logeant le tombeau de Saint Gilles depuis le X siècle).

Cette ancienne église ou église basse est donc la crypte à l’heure actuelle de l’abbatiale. Il se peut même qu’il existe sous cette église basse ( donc la crypte) une autre crypte…

Les lieux de culte à l’époque n’était pas édifiés n’importe ou. Souvent, ils étaient construits sur l’emplacement d’anciens lieux de culte, lieux spirituels hautement chargés d’énergie tellurique. En Gaule, avant le christianisme il y eut les cultes Romains mais aussi Gaulois . Or, les prêtres des Gaulois étaient des druides qui connaissaient l’importance des forces telluriques ( menhir, dolmen ). Et il est dit que la crypte ou l’église primitive de Saint Gilles serait construite sur un réseau de ces forces.

Pendant les guerres de religion, en 1622, elle sert de forteresse au Duc de Rohan chef des troupes protestantes. Les catholiques ont délivrés la ville mais non sans dommage pour l’abbatiale. En effet, celle ci a perdue dans la tourmente son clocher sud, des tours…

En 1650, des travaux ont été entrepris afin de la restaurer mais elle a été rabotée sur sa longueur et sa hauteur !

A la base elle mesurait 95 mètres de long, 33 de large à la façade. Avec les guerres de religion, elle a donc été amputée de son chœur.

En effet, à l’arrière du chœur actuel l’on peut voir des vestiges de l’ancien édifice de 95 mètres de long avec les ruines du fameux escalier à vis de Mattéo de Cluny. Oeuvre édifiante quant à la technicité, le savoir faire, la connaissance des nombres, science connue par certains compagnons au moyen-âge.

D’ailleurs , la vis de Saint Gilles était un passage obligé pour les compagnons, c’était un modèle remarquable de stéréotomie.

Lors de ma visite, je n’ai pu voir ce chef d’oeuvre car fermé pour cause de restauration. ( sept 2019)

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Abbatiale Saint Gilles du Gard
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Les trois portails de l’abbatiale Saint Gilles du Gard
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Saint Jean et Saint Pierre, portail central
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Saint Jacques & Saint Paul portail médian
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Tympan central Abbatiale Saint Gilles
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Nef de l’abbatiale Saint Gilles
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Chœur de l’abbatiale Saint Gilles
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Saint Jacques
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La charette du floucat, abbatiale st Gilles

La crypte de l’abbatiale Saint Gilles du Gard ou l’église basse

L’église basse ou crypte fut remanié au XI et XII siècle. Elle abrite le tombeau de l’ermite Saint Gilles redécouvert en 1865 par l’abbé Goubler.

Comme dit plus haut, le lieu aurait été construit sur un réseau de forces telluriques. Il se pourrait , comme dans d’autres églises du moyen-âge ( Amiens, Chartres, Saint Quentin…) qu’un labyrinthe (en rond, carré, rectangle) fut dessiné sur le dallage afin d’amener les cheminants de ce dessin géométrique parcouru par des ondes, à un état modifié de conscience. A cette fin, un rituel bien précis devait être suivi ( période de l’année, heures, prières spécifiques, jeûne, …)

Bibliographie sur forces telluriques & labyrinthe :

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Crypte de l’abbatiale Saint Gilles du Gard
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Sarcophage de Saint Gilles, crypte de l’abbatiale
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Sarcophage de Saint Gilles, crypte de l’abbatiale

L’escalier des abbés & abbesses donnent accès directement à l’abbatiale.

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L’escalier des abbés donnant accès à l’abbatiale
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Crypte ou église basse de l’abbatiale Saint Gilles
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Saint Louis , statue polychrome dans crypte de l’abbatiale


Les templiers à Saint Gilles du Gard

C’est en 1139 que Pierre l’abbé de Saint Gilles, accorda aux Templiers un lieu appelé « Sertelage » sur la commune.

Cependant, un ordre de chevalerie était déjà présent à Saint Gilles : Les Hospitaliers

En 1174 vinrent des donations de la famille des Porcellets.

Puis les Templiers achetèrent le long du Rhône (étang de Scamandre), à proximité des Hospitaliers des terres. Raymond comte de Toulouse leur fit également don de parcelles.

Il ne reste rien à l’heure actuelle de ces maisons, si ce n’est le nom d’une rue. Il y’avait là une commanderie avec sa chapelle dédiée à Notre dame

Le quartier se trouve à proximité du canal du Rhône . Ce canal ( canal des étangs) est le prolongement du canal du midi et a été construit entre 1773 et 1798. Au moyen-âge, il n’existait pas et c’était l’étang de Scamandre qui passait là.

Après le procès des templiers tous les biens de l’ordre des chevaliers Templiers revinrent à l’ordre des Hospitaliers qui s’enrichirent ainsi conséquemment.

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Emplacement de l’ancienne commanderie de Saint Gilles du Gard
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Canal du Rhône à Saint Gilles du Gard

Les Hospitaliers à Saint Gilles

C’est vers 1101 que le Maître des Hospitaliers, Géraud, arrive de Palestine et fonde la première commanderie Hospitalière d’Occident à Saint Gilles. L’autorité spirituelle de l’établissement de Saint Gilles s’étendait dans tout le midi de la France et ce jusqu’en 1563 ou elle fut transférée à Arles.

La commanderie était composée de logis, d’une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste, de son cimetière, d’une glacière, d’un puits, d’une écurie.

En 1702, sous le règne de Louis XIV, le projet du canal du Rhône fut confirmé par le Roi. Les Hospitaliers s’opposèrent vivement au projet car il mettait en péril leurs biens fonciers situés près de l’étang ( destruction) mais aussi leurs activités dans les marais alentours ( salins, pêche, bois, chasse…)

C’est ainsi que l’enclos du temple, appartenant aux Hospitaliers fut en partie démoli, ainsi que la chapelle.

Avec l’aménagement en 1825 d’un nouveau port, c’est le Grand prieuré Hospitalier de Saint Gilles qui disparaît à son tour…

Aujourd’hui il ne reste plus à Saint Gilles que la maison du Grand prieur de l’ordre des chevaliers de Saint Jean. Elle se trouve proche de la porte des maréchaux, en montant sur la gauche, rue Rouget de l’isle.

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Maison du grand prieur de l’ordre des Hospitaliers à Saint Gilles du Gard

Sources : PDF Drac languedoc Roussillon

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