Populicide Vendéen avec les Noyades à l'aide de bateaux à soupape - Nantes
Histoire,  XVIII siècle, Les lumières

Le populicide Vendéen

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La guerre de Vendée est une guerre civile qui opposa à partir de 1793 les Républicains de la Révolution Française ( les bleus) et les royalistes catholiques ( les blancs). Mais il est à savoir qu’ il y’ eut une contre-révolution également dans toute la France.  Et notamment en Bretagne, sur la rive droite de la Loire avec un mouvement  que l’on appellera la Chouannerie ( les chouans).

Les raisons de ce mouvement contre-révolutionnaire sont simples :

  • La paysannerie Française était en grande majorité royaliste 
  • Avec la Révolution, accaparement du pouvoir politique et économique par la bourgeoisie ( dont sont issus les révolutionnaires voir Robespierre, Danton, Saint-Just….)
  • La république a mis en place la libéralisation du commerce ce qui a conduit à l’ appauvrissement des paysans 
  • Déportation au bagne en Guyane, interdiction de culte pour les prêtres catholiques dits réfractaires ou bien tout simplement assassinat. 
  • En mars 1793 la convention ordonne la levée d’hommes ( environ 300 000  dans toute la France) dans les villages et qui seront enrôlés dans l’armée de la république ( car beaucoup de déserteurs Républicain). La vendée mais également toute la France avec la Bretagne, l’Alsace, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Nîmes, Lyon ….se révoltent. Des nobles se joignent aux paysans dont le célèbre et courageux Charette en Vendée.
Coeur chouan - Le populicide Vendéen
Le sacré-cœur insigne arboré par les insurgés, symbole de Dieu & du Roi

« On a tué notre Roi, on a chassé nos prêtres et vendu les biens de notre église ou est l’argent ? Ils ont tout mangé; ils veulent à présent nos corps; non ils ne les auront pas. » 

 

La guerre de Vendée fut terrible. 

Les paysans n’étaient pas des soldats et entre deux combats ils retournaient travailler leurs terres.

Après plusieurs victoires les Vendéens seront vaincus à Cholet,… au Mans et exterminés atrocement à Savenay.

Le général républicain Westerman écrira à la convention :

« Il n’ a plus de Vendée, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay suivant les ordres que vous m’avez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres… Kléber et Marceau sont là : Nous ne faisons pas de prisonniers car il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire ! »

Les représailles des républicains contre cette rébellion Vendéenne atteindra les sommets de l’horreur.

 

Les noyades de Nantes

 

Ainsi, Jean Baptiste Carrier en décembre 1793 voit arrivé environ 8 000 prisonniers ( hommes femmes & enfants) qui l’entassera dans la prison de l’entrepôt des cafés à Nantes.

Les conditions de détention sont abjectes, les corps sont décharnés… et rapidement une épidémie de typhus se déclare. La solution est trouvée , ce sera pour certains les fameuses noyades de Nantes, pour d’autres les fusillades.

Les noyades de Nantes ont marquées les esprits surtout avec « les mariages républicains » qui consistaient à ligoter une femme et un homme ensemble, et à les précipiter dans la Loire.

Noyades de Nantes 1793 de Joseph Aubert 1024x432 - Le populicide Vendéen
Noyades de Nantes -1793-de-Joseph_Aubert

 

Les colonnes infernales

 

Des colonnes de cavaliers armés de baïonnettes sous les ordres du général Turreau et du général Haxo déferleront en Maine et Loire, en Vendée, dans les deux Sèvres… afin d’exterminer la population Vendéenne. Hommes, femmes, enfants seront massacrés. Les villages, les maisons seront détruits, c’est la politique de la terre brûlée.

« Rien ne doit rester de cette race de chiens… Il faut la repeupler ( Vendée) de bons sans-culottes. »

« Turreau » Général de la révolution Française.

 

Les Tanneries de peau humaine

 

Mais le comble de l’horreur est la révélation  que des tanneries de peau humaine existait. Ainsi à Angers ( vers le ponts de Cé) sous les ordres du chirurgien major Pecquel on dépeçait des hommes et des femmes et l’on tannait leurs peaux. Et cette horreur se faisait également à Meudon, à Etampes, à Colmar…

Des cadavres de Vendéens royalistes catholiques étaient écorchés afin de faire des pantalons, des bottes aux membres du comité révolutionnaire ( Saint Just, Robespierre …)

Sources :

  • Saint Just ds son rapport du 14/08/1793,
  • Aymée de Coigny,
  • « Mosaïque historique » de Dusaulchoy de Bergemont ( ami de Camille Desmoulins)
  • Georges Duval dans « Souvenirs de la terreur »
  • Granier de Cassagnac dans « Histoire des girondins »
  • Prud’homme dans « L’histoire impartiale des révolutions »

 

Ce populicide perdura jusque dans les années 1800. La paix sera signée avec le concordat du 08/04/1802 entre Napoléon Bonaparte et le Pape Pie VII.

Le bilan humain s’élève environ à 170 000 morts concernant les Vendéens entre 1793 et 1796.

La rébellion cachée est un film de Daniel Rabourdin avec la participation de Stéphane Courtois (historien spécialiste des régimes communistes) et de l’historien (spécialiste de la guerre de Vendée) Reynald Secher sur le populicide Vendéen.

 

 

Noyade des Vendéens - Le populicide Vendéen
Populicide Vendéen avec les Noyades à l’aide de bateaux à soupape – Nantes

 

L’historienne Marion Sigaut a donnée une conférence sur le populicide Vendéen en 2015. La voici ci-dessous.

Reynald Sécher Breton et historien, spécialiste des guerres de Vendée, a publié plusieurs ouvrages sur ce thème ( le génocide franco-français : la Vendée Vengée, la désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide Vendéen entre-autres)

Voici ci-dessus une conférence de cet historien :

 

 

Le débat autour de la guerre de Vendée est toujours ouvert, certains historiens n’étant pas d’accord avec le terme de génocide ou de populicide.

 

La connaissance de l’histoire (réelle) rend libre, cela peut éviter à une nation de refaire les mêmes erreurs. Encore faut-il prendre en compte tous les documents à notre disposition sans en faire un tri systématique en fonction de nos affinités politiques. En effet, si certaines  personnes s’insurgent contre le fait d’appeler les guerres de Vendée un génocide ou un populicide je me demande sincèrement si elles ont  lues « La guerre de Vendée et le système de dépopulation » de Gracchus Babeuf ?

Babeuf était loin d’être un royaliste catholique, c’était un révolutionnaire convaincu mais il n’a pas détourné la tête face aux horreurs commises par Robespierre, Carrier, Turreau … la liste est longue ! Il les a dénoncé ! Ce fut un homme courageux et humain.

On a tué des gens pour ce qu’ils étaient, c’est à dire royaliste et catholique. La dépopulation de la Vendée était planifiée. L’assemblée représentative avait 4 plans d’extermination du peuple Vendéen dans les cartons. C’est un fait historique. ( voir les écrits  retrouvés en 1988/89 aux archives de Nantes de Gracchus Babeuf un des pères du communisme qui lui même utilise le mot populicide pour parler du drame de la Vendée)

« On conduit le peuple par la raison, les ennemis du peuple par la terreur. Cette terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible. »

Robespierre

Nier des faits historiques sur la base d’une idéologie pour arriver à une conclusion que l’on désire n’est pas de l’histoire, cela à un nom : La propagande.

C’est dangereux pour l’avenir de l’humanité. C’est un mémoricide et c’est le propre des régimes totalitaires. Un peuple qui ne connait pas ( ou plus) son histoire avec ses gloires et ses défaites, dans sa grandeur et dans sa noirceur est un peuple malléable, aculturé et asservis par son ignorance.

L’ignorance  permet la manipulation des consciences et ainsi l’exploitation de l’homme par l’homme.

« L’hécatombe des Vendéens jointe au ravage de la Vendée est le plus grand massacre collectif de la terreur,sans pouvoir être inscrit dans les fameuses colonnes absolutoires des « circonstances du salut public ».

François Furet ( historien spécialiste de la révolution Française) dans son « Dictionnaire critique de la révolution ».

Enfin pour finir, un extrait du film de Patrick Buisson (ancien directeur de la chaîne Histoire) « Les manants du Roi ». 

Pour aller plus loin :

 

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