La marquise de Brinvilliers (1630-1676)
Grand siècle ou XVII siècle,  Histoire

La marquise de Brinvilliers

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La marquise de Brinvilliers est connue dans l’histoire de France pour avoir été la première empoisonneuse incriminée dans « l’affaire des poisons » sous le règne du Roi Louis XIV.

Elle est née le 22 juillet 1630 à Paris et se prénomme Marie-Madeleine Anne Dreux d’Aubray.

Elle est la fille aînée du Seigneur d’Offémont, lieutenant civil du Châtelet de Paris pendant la fronde , a savoir, Antoine Dreux d’Aubray et de Marie Olier qui décédera en couche en 1637. Les enfants du couple sont :

  • Marie-Madeleine née le 22/07/1630
  • Antoine en décembre 1632
  • Thérèse en 1364
  • François né le 26/02/1635
  • Marie décembre 1637

Les parents et la fratrie de cinq enfants habitent à Paris vers la paroisse Saint Eustache mais ils ont également une maison dans l’Essonne à Villiers sur Orge (1634) et dans l’Oise le domaine d’Offémont situé dans un hameau ( acquit en 1642).

L’on sait que la Marquise de Brinvilliers a été violée à l’âge de sept ans par un domestique, puis par la suite régulièrement dès l’âge de dix ans par ses deux frères. ( écrit dans sa confession)

Après la mort de sa femme Marie, Antoine Dreux ne s’est pas remarié et aucun document ne mentionne comment et par qui sont élevés les enfants. Le père lui, est de plus en plus absent et quand il apprend par l’une de ses filles, Thérèse que Marie-Madeleine et ses frères ont des relations sexuelles , il ne reproche absolument rien à ses fils…

Marie-Madeleine lui en voudra toute sa vie. Était- il au courant du viol qu’elle a subie à sept ans ? Pourquoi ses sœurs ont une instruction religieuse et vont au couvent et pas elle ?

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La marquise de Brinvilliers (1630-1676)

Elle épouse le 20 décembre 1651 Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers et joueur invétéré. Ils vivront au 12 rue Charles V, ancienne rue neuve Saint Paul à Paris. C’est un couple fortuné ( les familles des deux parties étant nobles) dont les biens sont estimés à 800 000 livres. Antoine est chevalier dans l’ordre de Jérusalem ou chevalier de Malte (noblesse d’épée), il sert dans le régiment de cavalerie du Prince de Condé.

Ils mènent une vie mondaine. Lui, joue aux jeux ( cartes….) aime les femmes, et entretient une maîtresse, une comédienne « La Dufay ». Elle, fréquente le salon des « Fieubert » qui ont un hôtel dans le Marais, 10 rue des lions St Paul, ou se retrouve le gratin de l’époque avec La Fontaine, Mme de Sévigné….

Ils ont ensemble trois enfants :

  • 17/11/1652 Marie Madeleine
  • 30/03/1654 Marie Thérèse
  • 14/09/1659 Antoine

Elle sait que son mari est volage mais s’en accommode, jusqu’au jour ou il lui présente vers 1659/1660 un ami , un officier de cavalerie : Godin de Sainte Croix.

Au début elle met son mari en garde contre cet homme. C’est un pic-assiette, il profite de l’hospitalité du Marquis et fait des avances à sa femme. Mais bizarrement Antoine Gobelin ne veut rien savoir… et la marquise tombe dans les bras de Sainte Croix.

Sainte Croix ou Jean-Baptiste Gaudin est capitaine des cheveux legers dans le régiment de Tracy. Il est le fils du directeur de la trésorerie de Haute Garonne( Guillaume Gaudin) et d’Antoinette Cappier. Il s’est fâché avec toute sa famille pour une histoire d’héritage…

C’est un bel homme, un séducteur, un libertin et un arnaqueur !

En 1660 il décide de quitter son régiment et décide de vivre de combines, d’arnaques en tout genre. C’est à cette période qu’il « parasite » le couple et vit au crochet de la Marquise. Le mari accepte cela et c’est un véritable ménage à trois qui s’installe.

La marquise a par la suite deux enfants qui sont certainement de Sainte Croix :

  • 1662 Louis
  • ? Nicolas

Il y a même un sixième enfant qui est parfois mentionné sous le nom de Charles-Dreux. Notamment dans l’acte de tutelle des enfants de Marie-Madeleine en 1672.

Tout aurait pu continuer ainsi longtemps dans le meilleur des mondes si le marquis de Brinvilliers n’était pas devenu de plus en plus dépensier. En effet, il commence à mettre en péril la fortune familiale et c’est sur les conseils de son père Antoine Dreux d’Aubray que la Marquise demande alors une séparation de biens.

Malheureusement pour elle, son père en mettant le nez dans les affaires de sa fille a compris qu’elle avait un amant. Son mari ne demandant pas le divorce , il fait arrêter Sainte Croix par lettre de cachet le 19 mars 1663. Ce dernier se retrouve à la Bastille pendant un mois et demi….

Marie-Madeleine est folle de rage contre son père. De plus, tout Paris est au courant.

Et c’est là que l’histoire de la Marquise de Brinvilliers bascule.

Sainte Croix rencontre à la Bastille Exili ( Eggidi ou Gilles) , un Italien qui est l’alchimiste de la Reine Christine de Suède. Le Roi Louis XIV l’a fait emprisonné espérant lui soutirer des renseignements sur la pierre philosophale.

Exili restera à la Bastille du 2 février 1663 au 1er Juillet 1663.

Il semblerait que Sainte Croix à la sortie d’Exili de prison l’ai hébergé pendant six mois. C’est ainsi que Sainte Croix à commencé son apprentissage en Alchimie. Il prépare dès lors toutes sortes de médicaments à base de plantes, des drogues dans un laboratoire installé impasse de la Valette, donnant sur la place Maubert.

Il suit même par la suite les cours du Suisse Christophe Glaser qui est l’apothicaire officiel du Roi Louis XIV.

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Glaser, apothicaire du Roi Louis XIV & alchimiste

Il pratique des expériences dans son laboratoire afin de trouver la pierre philosophale avec l’aide de son valet Pierre et de son intendant Martin. Mais il concocte aussi des poisons, de « la poudre de succession » pour des personnes de la noblesse, des aristocrates…

Sainte croix a pour ami Alexandre Belleguise, qui n’est autre que le commis de Pennautier , l’un des principaux financier du Roi Louis XIV. Et Pennautier connait beaucoup de monde et amène certainement des clients à Sainte Croix.

En sortant de prison pour faire taire les mauvaises langues concernant sa liaison avec la marquise , Sainte Croix s’est marié avec Madeleine Bertrand du Breuil et habite rue des Bernardins. Cependant lui et la « Brinvilliers » restent amants…

Ils décident alors de se venger du père de Marie-Madeleine et commence à l’empoisonner avec du chlorure de mercure au mois de mars 1666.

Marie Madeleine reste aux cotés de son père au château d’Offémont et assiste à son agonie .

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Château d’Offemont ou la Brinvilliers empoisonne son père

Ce dernier rentre en septembre 1666 dans son hôtel 2 rue de Bouloi et fait appelé son fils aîné Antoine qui est à Orléans. Antoine arrive à son chevet le 9 septembre et le 10 septembre son père décède. Il est enterré dans l’église des pères de l’oratoire rue Saint Honoré à Paris et sa fortune est divisé entre les enfants.

Marie-Madeleine a déjà eu avec sa dot sa part d’héritage qui est égale à celle de ses frères et sœurs. Elle n’est donc pas lésée.

Antoine, le fils aîné prend la charge de son père de Lieutenant civil de Paris mais les activités de police vont à Gabriel Nicolas de la Reynie.

Il épouse en février 1668 Marie-Thérèse Mangot et vit à l’hôtel paternel de la rue de Bouloi à Paris.

C’est en avril 1670, lors d’un dîner qui est donné dans leurs domaine de Villequoy qu’Antoine est empoisonné par une tourte aux champignons.

Dès lors il souffre de vomissements et de maux d’estomac, il décède le 17 juin 1670.

En novembre de la même année ( le 12) , c’est son frère, François qui meurt dans de circonstances similaires. Il rejoint son père et son frère dans la chapelle des pères de l’oratoire…

A chaque fois des autopsies sont pratiquées mais l’on ne trouve pas de traces de poisons. Toutefois, les soupçons sont là. Quant à Marie-Madeleine, l’héritage de ses frères ne lui profite pas car les biens sont légués à ces fils !

C’est la veuve d’Antoine qui commence la première à avoir des soupçons sur le valet de chambre d’Antoine, un certain La chaussée.

En effet, La chaussée est le domestique de Sainte Croix et il a pu verser le poison dans la nourriture ou les boissons.

Jean Amelin dit « la chaussée » habite chez le barbier Pierre Gaussin, rue de grenelle , coiffeur du Roi Louis XIV. C’est Sainte Croix, protecteur de la chaussée, qui paye une pension de 400 livres par an à Gausssin pour cela !

Sainte Croix était même selon les dires de Gaussin, en pourparlers pour acheter une « charge de gobelet » à « la chaussée » par l’intermédiaire de son ami Pennautier ( Trésorier du Languedoc donc financier du Roi) . Avec la charge de gobelet, la chaussée aurait eut en charge le linge de table, le pain, le vin que l’on sert au Roi….

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Pierre Louis Rech Pennautier, Trésorier des Etats du Languedoc et receveur général de France

En attendant, la marquise et Sainte Croix ne sont plus en osmose. Ils se disputent beaucoup et la Marquise est de moins en moins fortunée…

Elle prend donc d’autres amants, comme le Marquis de Nadaillac, Francois Pouget. D’ailleurs une rumeur veut qu’il soit le père de son sixième enfant Charles-Dreux.

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Marquise de Brinvilliers, l’empoisonneuse

Cependant, Sainte Croix en avril 1670 prête à la marquise 30 000 livres ( ou va t-il les chercher ? son commerce est rudement lucratif ! ) et lui trouve un précepteur pour ses enfants qui sera le futur amant de la marquise : Jean Baptiste Briancourt agé de 26 ans. Celui la même à qui elle avouera les empoisonnements et qui la trahira lors du procès.

En juillet 1670 donc, le jeune homme arrive au château de Sains, propriété du mari de la marquise. Il ne tarde pas à être intime, et lors d’un voyage de Paris à Sains, elle lui avoue tout.

Elle cite « La chaussée » chargé de verser le poison dans les boissons des deux frères, Exili maître en poison qui a vendu à Sainte Croix une recette à base de crapauds…

Seulement voilà, Sainte Croix arrive sans prévenir au château, présentant certainement la faiblesse de la marquise, et Briancourt prend peur.

Elle propose alors à Briancourt de rentrer au service de sa sœur Thérèse car elle la suspecte de vouloir déshériter ses neveux au profit de l’église. De plus, La chaussée est sur le point de rentrer aux services de sa sœur comme jardinier ! Encore une fois, elle veut empoisonner un membre de sa famille : sa sœur.

C’en est trop ! Briancourt veut prendre la tangente, partir loin de ce couple diabolique. Après avoir promis à la marquise qu’il se tairait, il court tout raconter à un ami l’abbé Morel et au professeur de droit, Mr Bocager qui l’a introduit chez les Brinvilliers. Ce dernier lui promet de demander l’avis au Président du parlement Guillaume de Lamoignon.

Deux jours plus tard, Briancourt est pris pour cible par un inconnu…Il en réchappe de peu.

Il se rend de nouveau chez Bocager qui n’a rien dit au Président du parlement… Bocager ne veut pas s’en mêler, il a certainement lui aussi des choses à cacher.

Briancourt prend ses jambes à son coup et part s’installer à Aubervilliers.

Les Brinvilliers eux ont forte affaire à cette période, c’est à dire en 1672 car les créanciers réclament leurs dus et ils sont obligés de vendre l’hôtel de la rue neuve, le domaine de Sains.

La marquise s’installe alors au village de picpus chez les chanoissesses de Saint Augustin dans un couvent. Les enfants sont placés sous la tutelle de leur tante Thérèse. Les deux filles deviennent religieuses, l’une à Gisors, l’autre à Senlis. Les deux fils sont au collège d’Harcourt ( lycée st Louis).

Fin juillet 1672, Sainte Croix meurt subitement , probablement en ingérant des vapeurs toxiques lors de ces expériences.

L’on découvre alors la fameuse cassette ou se trouve les poisons et des lettres compromettantes. La veuve de Sainte Croix ne veut pas la rendre à Marie Madeleine. Le conseiller au châtelet, un parent de Pennautier (ami de Sainte Croix) interroge alors Briancourt pour savoir exactement ce qu’il sait. Mais Briancourt se tait . Il a compris que beaucoup de monde était compromis avec Sainte Croix et a peur pour sa vie.

Marie-Madeleine quitte Paris avec l’aide du procureur Lamarre le 27 aout 1672 afin d’échapper au procès. Elle reste 6 mois en Angleterre et va ensuite en Belgique se réfugier puis dans un couvent à Liège « Notre dame des anges » tenu encore une fois par les chanoinesses de Saint Augustin . Ses deux sœurs seront solidaires et lui enverront tous les mois une certaine somme d’argent afin de l’aider. Elle reste également en relation avec son mari qui se terre quelque part en France loin des créanciers…

Le procès de « La chaussée » lui se déroule de septembre 1672 à mars 1673 ou il meurt en place de grève à Paris sous la torture.

L’arrestation et le procès de la Marquise De Brinvilliers

En 1676, Louvois ministre d’Etat retrouve la trace de la marquise et dirige l’arrestation. Il veut par l’intermédiaire de la Marquise faire tomber Pennautier qui sert les intérêts de Colbert, son grand rival.

En effet Pennautier s’en est bien sorti lors de l’affaire de la cassette de Sainte Croix en 1672 malgré son nom mentionné sur certains documents.

Donc le 25 mars 1676 , le maire de Liège et Bruant des Carrières pénètre dans la cellule de la marquise. Celle ci comprenant de suite qu’elle est perdue casse avec ses dents le verre qu’elle porte à sa bouche, essayant ainsi de se tuer en ingurgitant les morceaux. En vain.

C’est Denis de Palluau , conseiller de la chambre du parlement de Paris qui est chargé de l’interroger et il commence à le faire à Mézières avant de monter sur Paris.

Il trouve dans une cassette rouge sa confession ou elle admet avoir empoisonner son père, ses frères, avoir avorter et même avoir donner du poison à son mari et à sa fille aînée sans toutefois les tuer…

Cependant malgré cette confession elle nie tout ! Car une confession est sacrée et ne relève pas du domaine des hommes mais de Dieu. Elle prône la folie quand elle a rédigé ces textes.

Le Roi Louis XIV s’intéresse vivement à cette histoire et au réseau de criminels, d’empoisonneurs qu’a pu constituer Sainte Croix à la cour du Roi. Il craint pour sa personne.

Dans un premier temps, pendant l’interrogatoire qui a lieu à Mézières, elle parle de l’amitié entre Pennautier et Sainte Croix qui ont « des affaires secrètes ensemble ».

Puis le 18 avril 1676, elle quitte Mézières pour Paris. Pendant une halte dans une auberge près de Meaux, elle fait une nouvelle tentative de suicide en se mettant un bâton dans le vagin afin de provoquer une hémorragie…

Elle arrive le 25 avril à la conciergerie du Palais de justice de Paris. Elle est enfermée dans la tour Montgoméry. Le 29 avril 1676 commence son procès qui comportera 22 audiences jusqu’au 16 juillet.

conciergerie - La marquise de Brinvilliers
La conciergerie de Paris XVIII siècle

Son geôlier Antoine Barbier, lui tend un piège en lui proposant de faire passer une lettre à Pennautier. Naïve, sotte, ou désespérée elle rédige la lettre et lui demande de l’aide sans oublier de le mettre en garde contre les juges qui veulent sa tête. Cette missive ira tout droit dans le bureau des juges bien sûr… Elle rédige même une deuxième lettre car sans nouvelles de la première !

Pennautier est arrêté le 15 juin 1676 et conduit à la conciergerie. Il est confronté à la Marquise qui répète sans cesse qu’elle n’a pas de complices, donc innocente Pennautier dans cette affaire. Elle pense certainement que ce dernier avec ses appuis puissants va la sortir de là.

Il sera libéré en 1677 et fera environ 13 mois de prison à la conciergerie. Il devra sa liberté grâce à ces appuis puissants au sein du clergé… Il retournera dans le Languedoc, au château Pennautier dans l’Aude à 5 km de Carcassonne et décédera à Montpellier dans son hôtel particulier en 1711.

Des témoignages de servantes, de domestiques…. sont venus étayés le procès à charge mené contre la Marquise.

A charge car elle n’a pas eu le droit d’être assister par son avocat Maitre Louis Nivelle, pendant les audiences !

Pour Nivelle, Marie-Madeleine a été entraîné malgré elle ( par amour de son amant) par le chevalier Godin de Sainte Croix qui a profité de sa faiblesse pour lui ponctionner petit à petit toute sa fortune.

Briancourt l’ancien précepteur des enfants et ancien amant de la Marquise devenu avocat est arrêté afin de parler. Le 12 juillet, il raconte toutes les confidences que lui a faites la marquise. Elle, nie toujours les faits.

Et le matin du 16 juillet 1676, le verdict tombe. Condamnée à la peine capitale, elle devra avant d’être exécutée place de Grève faire amende honorable devant la porte principale de Notre dame de Paris. Les juges lui épargnent d’avoir le poing coupé, torture réservé au parricide.

Ces derniers instants ( derniers 48 heures) seront accompagnés par l’abbé Pirot qui les racontera dans un document.

Et c’est cet abbé Pirot qui conseillera à la Marquise de faire des aveux de ses crimes avant de mourir. C’est ainsi qu’elle avoue devant le conseiller Palluau et d’Antoine Guillaume le bourreau :

  • Avoir empoisonné son père et ses frères
  • Avoir pensé à empoisonné sa sœur Thérèse
  • Que les poisons étaient fabriqués par Sainte Croix ou Glaser ( apothicaire du Roi ) et qu’elle ne connait pas leurs compositions.
  • Pennautier et Sainte Croix étaient liés par des affaires secrètes
  • Avoir empoisonné 5 fois son mari, puis pris de remords lui avoir donné du contrepoison.
  • Que Sainte Croix, son amant , à tenter de la tuer en l’empoisonnant
  • Que le surintendant Fouquet qui était très lié à Glaser voulait éliminer un personnage très important et qui était soit Mazarin soit Colbert soit…le Roi Louis XIV (?),

Malgré les aveux elle subira quand même la question le 17 juillet 1676… Pourquoi ? On ( le Roi ) veut certainement en apprendre plus sur l’affaire Fouquet.

Le procès verbal de la torture ayant disparu c’est le témoignage de l’abbé Pirot , confident de la marquise qui nous apprend qu’elle a subie le supplice de l’eau. On l’étira avec des poulies et on la força à avaler une quantité impressionnante d’eau qui provoqua alors des douleurs horribles dans les poumons.

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Marquise de Brinvilliers subissant le supplice de l’eau

On la laissa ensuite reprendre ses esprits et prier à la chapelle. Vers 19 heures on l’amèna devant la cathédrale Notre dame de Paris pour un premier arrêt . Beaucoup d’aristocrates assistèrent à la scène, dont la comtesse de Soissons ( une empoisonneuse elle aussi !), Melle de Scudéry, l’abbé de Chalucet qui s’interresse à l’alchimie…

En effet, des nobles, des personnes hauts placés, étaient impliqués dans cette affaire. Paris abritait bon nombre de sorciers, d’alchimistes, de mages et tout genres qui faisaient commerce de leurs poudres. C’était une véritable épidémie mais devenue monnaie courante, un état de fait presque banal. Cela était inscrit dans la mentalité même de l’époque.

La marquise côtoyait ces gens, mais elle se taira…

On l’amena ensuite place de Grève ou l’échafaud l’attendait. Elle pria jusqu’au bout assistée de l’abbé Pirot. La guillotine tomba à 20 heures précise. Le corps sera ensuite brûlé et les cendres dispersées au vent et dans la Seine.

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Marquise de Brinvilliers après le supplice de l’eau

Le peuple qui a assisté au spectacle et qui est ému de son repentir, de sa dignité face à la mort et de son histoire dramatique en fera presque une Sainte. Le portrait que dressera l’abbé Pirot par la suite de la Marquise ira également en ce sens.

Capture - La marquise de Brinvilliers
L’exécution de la marquise de Brinvilliers

A l’opposé, les gens de la haute société parlent de sa méchanceté, son manque de remords…

C’est à partir de cette époque, que des rumeurs courent dans Paris sur un réseau d’empoisonneur/euse fournissant des gens de la cour du Roi. Le Roi lui même prend au sérieux cette affaire et les investigations commencent.

Suivra la célèbre affaire des poisons…

A noter que l’interrogatoire de la Marquise n’est pas parvenu à nous dans sa totalité. Que les archives de la Bastille qui comprenaient les archives du procès de la Brinvilliers ne sont probablement pas complètes au vue de la destruction de la forteresse en 1789. Des pièces originales du procès ont disparues… De nombreuses personnalités de l’époque gravitant à la cour du Roi Louis XIV étaient liées à Pennautier, Sainte Croix … Et beaucoup d’entre eux ne furent jamais inquiétés par la justice.

Les enfants de la Marquise refuseront de porter le nom de Brinvilliers. l’aîné s’appellera le Comte d’Offémont, le cadet le Baron de Norat et le dernier deviendra prêtre.

Sources

  • La marquise de Brinvilliers, Agnès Walch historienne
  • Film « La marquise des ombres » d’Edouard Niermans (2009)

Une autre source contemporaine à la marquise : les correspondances ou lettres de Mme de Sévigné ( véritable commère de cette époque ! )   

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