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Le danger du spiritisme

Le spiritisme est une pratique occulte dont l’objectif est de prendre contact avec les esprits de l’astral. Il fut une pratique ésotérique prisée par la bourgeoisie et les artistes au XIX siècle et début du XX siècle. 

Le père Verlinde, prêtre catholique et membre de la famille de Saint Joseph s’est engagé très jeune dans des pratiques dites ésotériques avant de revenir à la foi chrétienne. Il est donc par son expérience un témoin précieux du danger de l’occultisme et du spiritisme pour lequel il nous met en garde dans cette vidéo. 

Sources :

  • Site you tube famille Saint Joseph ici

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Les techniques du diable

Le diable ou Lucifer, l’ange porteur de lumière s’est révolté contre Dieu et a refusé de se mettre au service de l’homme. Méprisant et jaloux envers l’humanité il a entrainé avec lui un tiers du monde angélique dans le but de nous plonger dans les ténèbres. Tout homme sur terre à donc un combat spirituel à mener durant son existence en ayant le libre choix de ses pensées et de ses actes.

En prenant conscience que nous sommes le territoire de chasse de Lucifer qui éclaire et trompe l’homme par son intelligence et de sa légion de démons (anges déchus) il est plus aisé de les combattre. Pour cela, il est utile de connaître leurs domaines de prédilection pour faire chuter l’homme :  

  • jouer sur l’imagination
  • Jouer avec la mémoire
  • Se servir de l’affectivité, des passions ( gourmandise, luxure…)

Voici ci-dessous vidéos de deux prêtres catholiques qui expliquent très bien cela, la parole est vivante. Je dois dire que j’aurais bien aimé avoir ces personnes en catéchèse lorsque j’étais enfant . Jamais le curé  de ma paroisse n’a abordé ces sujets là avec ses ouailles. Église moderne en béton ( sans âme et moche), enseignement moderne insipide ( aucune chronologie sur la vie de Jésus, impasse de l’apprentissage du credo, on faisait des dessins …) en gros un vide sidéral concernant la spiritualité chrétienne.  Ce qui fait que je m’en suis éloignée pendant un certain temps …. avant d’y revenir.

 

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Regard catholique sur l’ésotérisme

L’effondrement de la foi chrétienne est en partie due à la démocratisation de l’ésotérisme. En effet, si auparavant les sociétés secrètes étaient l’apanage des nobles, des aristocrates, à partir du XIX siècle l’ésotérisme se veut beaucoup plus populaire. 

Adrien Bouhours bibliothécaire à l’université de Bordeaux Montaigne, auteur d’une thèse sur l’œuvre de Frédéric Lenoir  » Frédéric Lenoir témoin et acteur d’un néo-christianisme » présente ci-dessous une série de conférences au sein du couvent des Dominicains de Bordeaux afin d’explorer et de comprendre l’histoire des courants ésotériques.

Dans la première conférence il aborde la genèse des différents courants ésotériques à partir de la renaissance :

  • Renaissance ( XV, XVI siècle ) et la pensée néo-platonicienne à 12mn 45
  • Marcile Fircin & Pic de la Mirandole à 17 mn
  • Rose-croix XVII siècle à 22mn55
  • Franc-maçonnerie à 35mn44
  • Fabre d’Olivet à 1h01.35
  • René Guénon et la tradition primordiale à 1h05.40

Différents courants ésotériques du XIX siècle abordés dans la deuxième conférence  ci-dessous:

  • Mesmer, magnétisme animal à 25 mn
  • Le spiritisme avec Allan Kardec à 32 mn
  • Eliphas Lévi, occultisme à 54 mn
  • La théosophie, Blavatsky à 1h04
  • L’anthroposophie de Rudolf Steiner 1h16.48
  • Le martinisme, Papus 1h22.48
  • Edward Schuré, 1h25.15

Dans la troisième conférence  le thème est le New-âge ou l’ère du verseau :

  • Sainte Marie-Madeleine & Da vinci code à 6mn23
  • Ovni & reptilien à 15 mn 15
  • Origine du New age avec la théosophie à 23 mn 50
  • Paul le cour ( revue Atlantis) & Alice Bailey à 30mn 30
  • Mouvement hippie Mai 68, à 32 mn10
  • Frédéric Lenoir à 34 mn
  • Critique du new age avec Jean Vernet
  • Astrologie à 56 mn
  • Yoga & méditation à 1h01.34
  • Hindouisme à 1h04, Arnaud Desjardins
  • Le matin des magiciens ( Bergier & Pauwels) à 1h09.20
  • Yoga & méditation, le boudhisme à 1h 16

Dans la quatrième et dernière conférence sont abordés :

  • La conception de dieu dans les courants ésotériques à 30 mn
  • Equivalence entre les religions ? à 42 mn.40
  • Distinction entre la connaissance et le salut de l’âme à 59 mn
  • Jésus un sage comme les autres ? à 1h 01
  • Les forces occultes à 1h11.55
  • Le vaudou et le chamanisme à 1h19 

Sources :

 

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René Guénon l’imposture anticatholique

René Guénon est un auteur du XX siècle qui s’évertua à propager en Occident des doctrines métaphysiques de l’Orient qu’il jugeait « universelles ». Élevé dans la religion catholique, il fréquenta à Paris entre 1905 et 1909 le milieu occultiste, spirite, franc-maçon de la Belle époque avec entre autres Papus ( martiniste).

Puis, déçu par tant de supercherie ( tout en restant en franc maçonnerie qui était selon lui  la seule tradition authentique de l’occident), et se détachant peu à peu de ce milieu de l’occultisme, il se mit à étudier la métaphysique orientale ( hindou, soufisme et taoïsme ). 

Il dénoncera par la suite les pratiques des milieux occultes dans lequel il a baigné dans deux ouvrages :

  • Le théosophisme, histoire d’une pseudo-religion
  • L’erreur spirite

 

Comme nous l’avons vu il est donc franc maçon et est initié au soufisme dès 1910 par Ivan Aguéli puis fréquentera par la suite le cheikh Abder Ramhan Elish El Kebir ( grand maitre d’ une des branches du soufisme).

Il n’est donc en rien un chrétien.

Les apparences sont parfois trompeuses puisqu’il a participé à la rédaction d’une revue antimaçonnique « La France antimaçonnique » entre 1913 et 1914 dans le seul but de lutter contre les idées modernistes qui mettaient en péril selon lui la franc maçonnerie originelle. Ce qui lui donnera une certaine crédibilité dans les milieux dits catholiques. 

Critique intarissable de l’occident dépourvu selon lui de la connaissance spirituelle ( voir Orient et Occident), il œuvra pour instiller ces idées gnostiques au sein du milieu catholique.

Il fut approché par les surréalistes ( Breton, Artaud…) mais déclina l’invitation.

En 1930 il partit pour le Caire en Égypte ou il décédera en 1951 en tant que musulman.

Guénon propose aux chrétiens une spiritualité supérieure à l’église catholique. L’âme se dissout dans la divinité puisque selon lui nous sommes une émanation de Dieu et non une création.

Or pour un chrétien, l’homme, la création de Dieu se distingue de la divinité. Et si il y a salut, c’est AVEC notre individualité propre.

Nous ne sommes pas Dieu !

 




Le chemin le moins fréquenté

« Le chemin le moins fréquenté » est un livre écrit en 1976 par le psychiatre et psychothérapeute Américain Scott Peck, il est à mes yeux un outil rare et un véritable manuel de vie.

Peck est né le 22/05/1936 et décédé le 25/09/2005.
C’est en se basant sur son travail au quotidien de psychothérapeute que ce livre a pu être écrit.
En effet, l’auteur nous livre des témoignages de ces patients, étayant ainsi « sa méthode » pour arriver à vivre plus sereinement. 

Il s’articule autour de quatre parties essentielles à ces yeux, pour qui veut acquérir la maturité nécessaire afin d’ accepter « ce qui est ».

                                                   Première partie : La discipline

Accepter que la vie soit difficile, douloureuse est une première étape nécessaire pour avancer.
Tout le monde souffre à plusieurs degrés , oui c’est vrai, mais tout le monde à des problèmes, des difficultés dans la vie, des obstacles à surmonter.
L’attitude que nous adoptons alors est primordiale, accepter la réalité et l’affronter est la seule manière de progresser.

Or souvent c’est l’inverse qui se passe, on fait l’autruche…

D’après l’auteur « cette attitude est à l’origine de toutes les maladies
mentales humaines, nous en sommes presque tous plus ou moins atteints. »

La discipline est l’outil de base pour affronter les difficultés dans la vie.

Elle repose sur 4 techniques :

• Retarder la satisfaction, planifier les douleurs, les joies
• Accepter la responsabilité de nos problèmes
• Se consacrer à la vérité
• Trouver l’équilibre, la souplesse dans la discipline

L’énergie utilisée pour arriver à cette discipline est l’amour..

 

                                                      Deuxième partie : l’Amour

 

« L’amour c’est la volonté de se dépasser dans le but de nourrir sa propre
évolution spirituelle ou celle de quelqu’un d’autre »

 

Il existe plusieurs formes de ce que l’on dénomme Amour et souvent à tort…(illusion)

Nous pouvons tomber amoureux, faire l’amour sans connaître véritablement l’essence de ce sentiment.

L’auteur dans ce chapitre aborde la problématique de ce que nous définissons souvent comme de l’ Amour mais qui n’en n’est pas.( la dépendance, le parasitage…)
 L’amour est l’antithèse de la paresse.

                Troisième partie : L’évolution et la religion

 

 

L’auteur nous livre à ce stade une certitude qu’il a acquise au fil du temps en psychothérapie avec ces patients.

« Au fur et à mesure que les êtres progressent dans la discipline et l’amour, et dans leur expérience
de la vie, leur compréhension du monde et la place qu’ils y occupent évoluent rapidement. Les
autres stagnent. Et il est évident qu’au sein de la race humaine la compréhension de la vie varie
énormément selon les êtres, de la plus simple à la plus sophistiquée, de la plus étroite à la plus large.
Cette compréhension est notre religion…..et cela est de la plus grande importance. »

 

La façon dont on se représente le monde est une part importante de nos
problèmes.

 

 

 

« La foi est souvent d’un dogmatisme destructeur (guerre, abrutissement, ignorance…) mais le problème est-il que les hommes croient en Dieu ou bien qu’ils ont tendance à être dogmatiques ? »

 

                                               Quatrième partie : La grâce

 

 

« Une force très puissante extérieure à la conscience humaine qui encourage l’évolution spirituelle de l’homme. »

La grâce c’est l’absence de peur, avoir confiance, avoir la foi.

Accepter son pouvoir personnel, mais pour cela il faut être responsable de ses actes et s’auto-discipliner.
En état de grâce la présence de Dieu est en nous.

Pour les athées cela peut être la présence de l’énergie cosmique, une force
bienveillante.

Le savoir et le ressentir nous aide à supporter cette solitude.

Ces concepts ont été enseignés par le Christ, mais aussi par Bouddha, Lao-Tseu…

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Marguerite Porete

Marguerite Porete est une mystique chrétienne et probablement une béguine. Peu d’informations nous sont parvenues concernant sa vie.

Nous savons qu’elle est née vers 1250 et qu’elle vécue à Valenciennes dans le nord de la France (comté du Hainaut qui à l’époque relevait du Saint Empire Germanique) .

Marguerite était lettrée et nourrie de littérature chevaleresque de cette époque, autrement dit de l’esprit de l’amour courtois, « le fin amor ».

Elle écrivit un premier ouvrage qui fut brûlé à Valenciennes sur les ordres de l’évêque de Cambrai pour hérésie.

Les textes de Porete était écrit en langue vernaculaire (langue du peuple ici le vieux Français) et non en latin qui était elle, la langue des élites. Ces écrits touchaient de ce fait beaucoup plus de monde.

Elle eut donc un premier avertissement concernant ses croyances jugées hérétiques avec son premier livre qui fut mis au pilori. Mais elle n’en aura cure , car peu de temps après elle récidivera avec son second ouvrage « le miroir des âmes simples et anéanties ».


Le miroir des âmes simples et anéanties de Marguerite Porete
Le miroir des âmes simples et anéanties de Marguerite Porete

Le miroir des âmes,marguerite porete manuscrit de Chantilly XIV siècle, musée Condé

Suite à la parution de ce livre elle sera dénoncée comme hérétique et comparaîtra en 1307 devant l’inquisiteur Guillaume Humbert ou Guillaume de Paris ( que l’on retrouve également dans le procès des templiers).

Emprisonnée pendant un an et demi elle sera brûlée en Place de Grève à Paris le 1 juin 1310.

Dans les actes de ses procès elle sera désignée comme béguine, propageant l’hérésie du « libre Esprit » bien que l’on ne sache pas vraiment quel degré d’appartenance elle avait  avec ce mouvement. Il est cependant certain qu’elle se rapprochait de la spiritualité dHadewijch d’Anvers.


 

Marguerite Porete brûlée place de Grève Paris 1310
Marguerite Porete brûlée place de Grève Paris 1310

Des extraits de son livre serviront de base pour la rédaction du décret « Ad nostrum » qui servira au Concile de Vienne en 1311 contre les béguines.

 

 

 

 

 

Les accusations principales seront :

  • Les reniements des institutions Chrétiennes
  • L’identification à Dieu
  • Un certain nihilisme (se perdre dans le néant)
  • Opposition aux vertus
  • Volonté qui se perd en Dieu,
  • D’être une femme indépendante en communion directe avec le divin
  • De propager des écrits hérétiques en langue vernaculaire accessibles ainsi au plus grand nombre.

Avant d’être brûlé son livre circulait en latin et dans d’autres langues en Europe ( Angleterre, Italie…) avec un certain succès, ce qui explique qu’il nous soit parvenu de nos jours.

C’est en 1946 que le texte « le miroir des âmes simples et anéanties » est attribué à Marguerite Porete grâce aux travaux de Romana Guarnieri (historienne).  Auparavant l’auteur du « Miroir » était semble t-il anonyme.

Le miroir des âmes simples et anéanties

 

Avertissement aux lecteurs

 

Vous qui lirez en ce livre,

Si vous voulez bien l’entendre,

Veillez à ce que vous direz,

car il est difficile à comprendre,

il vous faut prendre humilité.

Théologiens et clerc,

Vous n’en n’aurez pas l’entendement,

Quelle que soit la subtilité de votre esprit,

Si vous n’avancez pas humblement.

Cet ouvrage est un texte majeur de la littérature mystique médiévale Française. Il fit scandale à l’époque mais fut tout de même diffusé (sous le manteau) en Europe.

Le miroir évoque le reflet de celui qui le regarde, les différents reflets de la personnalité… le face à face avec soi même.

Ce livre parle de l’anéantissement de l’âme, de la désappropriation de soi, le désencombrement de soi.

Ajout février 2020 : Ayant à l’époque de l’écriture de ce texte des bases plus qu’incertaine en théologie catholique ( c’est à dire une abyssale inculture)  je ne voyais pas le danger de ce livre. Or aujourd’hui je comprends mieux pourquoi il a été taxé d’hérétique.

Nous sommes une création de Dieu et non une émanation, donc nous ne pouvons être absorbé par la divinité. 

Les écrits de la Porète sont de la gnose.

 

Ce livre décrit l’état d’être de l’âme  quand Dieu ou « AMOUR » est en elle.

Il est formulé en dialogue entre plusieurs figures allégoriques qui sont :

– la raison

– l’AMOUR

– la vérité

– la foi

– l’âme

– la courtoisie…

Marguerite Porete décrit les sept états d’êtres sur le chemin spirituel .  Ces états de conscience sont des étapes pour parvenir à l’illumination, à l’unité, intégré ou être intégré, absorbé par Dieu ou AMOUR. ( gnose)

La volonté doit se perdre en Dieu afin de parvenir à une union mystique ( ici mystique nuptiale). Ne rien vouloir, rien désirer, s’abandonner entièrement entre les mains de Dieu ou AMOUR ( Est-ce bien Dieu ?). Ressentir l’instant du Loin-près pour atteindre AMOUR.

EXTRAIT

 

Amour : Cette âme ne tient compte ni de honte, ni d’honneur, ni de pauvreté, ni de richesse, ni d’aise, ni de mésaise, ni d’amour ni de haine,ni de paradis ni d’enfer.

Raison : Au nom de Dieu, qu’est ce à dire ?

Amour : Certes, celui là le sait et nul autre a qui Dieu a donné l’entendement, car ni l’écriture ne le contient, ni la sagesse humaine ne le comprend, ni le travail d’une créature ne permet de l’entendre ou de le comprendre, mais ce Don vient plutôt du Très Haut en qui cette créature est ravie par plénitude de connaissance et rien ne demeure en son entendement.

Alors cette âme  devenue rien  possède tout et pourtant ne possède rien, elle veut tout et ne veut rien, elle sait tout et ne sait rien.

♥♥♥

A propos des désirs, des émotions, des sentiments :

Extrait

Raison : Mais dites moi Amour : Ces âmes sentent elles quelque joie en elles ou hors d’elles ?

Amour : Je réponds non à votre question; en effet, leur nature est tuée et leur esprit est mort, car toute volonté s’est séparée d’elles, et c’est pourquoi elle vit, elle demeure et elle est en la volonté divine, du fait de cette mise à mort….

Or cette âme est si brûlante du feu d’amour qu’elle est devenue feu, si bien qu’elle ne sent pas le feu puisqu’elle est feu en elle même par la force d’amour…

♥♥♥

A propos du Néant :

EXTRAIT

L’âme : Oui Amour, la sagesse de ce qui est dit m’a réduite à rien, et ce seul néant m’a plongée en un abîme plus insondable que ce qui est moins que rien. Et la connaissance de mon néant m’a donné le Tout, et le néant de ce tout m’a enlevé oraison et prière, et je ne prie plus pour rienJe me repose en paix complètement, seule réduite à rien, toute à la courtoisie de la seule bonté de Dieu sans qu’un seul vouloir me fasse bouger, quelqu’en soit la richesse. L’accomplissement de mon oeuvre c’est de toujours ne rien vouloir.

et

Je demande si la créature humaine peut demeurer en vie tout en étant sans elle même.

Vérité répond oui et amour le souligne en disant que l’âme anéantie est sans elle même lorsqu’elle ne sent plus d’aucune façon ni la nature, ni son opération, ni aucune oeuvre intérieure, ni honte, ni honneur, ni aucune crainte de quoi que ce soit qui advienne, ni aucune affection envers la bonté divine…elle est alors anéantie sans elle même…elle vit de substance divine.

♥♥♥

Maitre Eckhart (1260-1328) s’inspirera de la mystique féminine Flamande et notamment des écrits d’Hadewijch et de Porete.

 

Marguerite Porete s’ajoute ici à la longue liste de femmes dont les œuvres sont restées invisibles, cachées, spoliées ou rendues anonymes dans l’histoire telle que nous la connaissons.

 

 

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Le béguinage de Paris

Sous le règne du Roi Saint Louis ou Louis IX en 1264 est installée une communauté de Béguines dans le Marais sur la rive droite à Paris. Le béguinage se trouve au coin de la rue Charlemagne et de la rue des jardins Saint Paul, non loin du lycée Charlemagne. Il était adossé à l’enceinte de Philippe Auguste dans sa partie Est. A l’extrémité sud le mur rejoint la rue de l’Avé Maria anciennement rue des béguines au XIV siècle. Les rues aux alentours étaient habitées également par des béguines. 

Aline Kinner journaliste et romancière (décédée en janvier 2019) a écrit un magnifique roman sur le béguinage de Paris. Très bien documenté ( elle a travaillé avec des historiens, médiévistes…) il nous emmène dans l’univers du XIII siècle avec bonheur. 

Emplacement du béguinage de Paris au XIII siècle
Aline Kinner, la nuit des béguines

L’enceinte de Philippe-Auguste

L’enceinte du Roi Philippe Auguste sur la rive droite de Paris est édifiée entre 1190 & 1209, celle de la rive gauche entre 1200 & 1215 ( moins urbanisée). En effet, avant de partir pour la troisième croisade le Roi veut une enceinte afin de protéger Paris.

Les fortifications avait une longueur de 2600 Mètres sur la rive droite et au pied de ces dernières était creusé un fossé. Plus tard les fortifications seront englobés par l’enceinte de Charles V (1356-1383). De nos jours des vestiges visibles de l’enceinte Philippe Auguste se trouvent rue des jardins Saint Paul.

La tour de Nesle et le pont neuf par Jacques Callot

L’on sait que le mur d’enceinte était muni d’un chemin de ronde et mesurait entre 6 et 8 mètres de hauteur. Il possédait 77 tours semi-cylindriques et quatre grandes tours de 25 mètres de hauteurs et 10 mètres de diamètre ( Tour du coin, tour de Nesle, Tour Barbeau et Tour de la Tournelle). La rive droite de Paris était accessible par six portes principales.

Enceinte Philippe Auguste à Paris – XII siècle

Qui soutient financièrement les béguines ?

Saint Louis était un roi qui soutenait les ordres mendiants et les béguines. Il fonda des hôpitaux pour les pauvres, un couvent pour les anciennes prostituées de Paris. Le béguinage de Paris est donc fondé en 1264 par Saint Louis et à pour modèle celui de Gand de Sainte Elisabeth fondé en 1234 en région flamande(Belgique).

Les femmes qui vivent au béguinage peuvent être des veuves, des épouses de chevaliers morts en croisade, des jeunes filles de la noblesse sans dot, des femmes pauvres, malades… La plupart d’entre elles subsistent par leurs travail ( couturière, tisserande, lavandière, enseignement, aide-malade…) d’autres beaucoup moins nombreuses par la mendicité.

Après le règne de Saint Louis, le Roi Philippe III puis le Roi Philippe le Bel continueront le financement des béguinages. Les pensions allouées aux communautés étant distribuées par des chanoines.

Les ennemis et les amis des béguines

Les béguines suscitent pour certains le respect, pour d’autres la moquerie, voir la peur. Ainsi des hommes d’église comme l’évêque de Cambrai fait brûlé le livre de la béguine Marguerite Porete « Le miroir des âmes simples et anéanties » à Valenciennes. Cette dernière brûlera vive sur le bûcher quelque temps plus tard le 1 juin 1310 sur la Place de grève à Paris.

Rutebeuf,  pôete du moyen-âge, se montrera ironique et irrespectueux envers les béguines avec « Le dit des béguines »:

 

« Quoi que puisse dire une Béguine,
prenez-le tous en bonne part :
Tout est religion
de ce qu’on trouve dans sa vie.
Sa parole est prophétie,
si elle rit, c’est pour être sociable,
si elle pleure, c’est par dévotion,
si elle dort, elle est en extase,
si elle songe, c’est une vision,
si elle ment, n’en croyez rien,

Si une Béguine se marie,
c’est là son genre de vie à elle :
ses vœux, sa profession
ne sont pas pour toute la vie.
Cette année, elle pleure, cette année elle prie,
et cette année elle prendra un époux.
Tantôt elle est Marthe, tantôt elle est Marie,
tantôt elle se garde, tantôt elle se marie.
Mais n’en dites rien que du bien :
Sinon le Roi ne le souffrirait pas. »

Rutebeuf, Le dit des béguines

 

S’il y a des détracteurs des béguines, elles ont aussi leurs protecteurs et amis. Outre les trois Rois cités plus haut, à savoir Saint Louis,  Philippe  III et Philippe le Bel , il faut mentionner également le prêtre Jacques de Vitry et Thomas de Cantimpré, l’evêque Aldolphe de la Marck, l’abbé Césarius de Heisterback, Maitre Eckart, le pape Grégoire IX, le moine Franciscain Ratisbonne…

 

Décret du concile de Vienne de Clément V contre les béguines

Le pape Clément V jusqu’ici favorable au mouvement béguinal est inquiet face à toutes ces hérésies qui traversent le pays (cathare, Vaudois, le procès des Templiers…). Il a notamment peur des « frères du libre esprit ». En ce sens il écrit un décret le 21 mars 1314 au concile de Vienne qui abolit purement et simplement le statut des béguines.

« Leur mode de vie est remis en cause, leur habit qui ressemble parfois à celui des nonnes, les liens privilégiés qu’elles entretiennent avec certains frères…Elles alimentent une confusion malhonnête se font passer pour des religieuses alors qu’elles n’ont pas de règle, ne doivent obéissance à personne et conservent la gestion de leurs biens. »

Extrait La nuit des béguines d’Aline Kiner

Ce décret sera publié seulement en 1317 par le pape Jean XXII successeur de Clément V. Le statut des béguines est condamné. Cependant une formulation de phrase à la fin du décret et pour le moins ambiguë semble laisser une porte ouverte…

« Il n’est pas interdit aux femmes pieuses, qu’elles aient fait voeu de chasteté ou non, de vivre honnêtement dans leurs maisons et d’y servir Dieu dans un esprit d’humilité ». »

Tout ceci est assez obscure et c’est au bon vouloir des autorités locales de maintenir ou non les béguinages…

Dès novembre 1317, le béguinage royal de Paris est fermé. Sous le roi Charles IX une tentative de réouverture s’opère avec une réglementation beaucoup plus rigide. En 1470 l’on sait qu’il tombe en ruine et en 1471 Louis XI le donne aux Franciscains des filles de l’Avé Maria d’ou le couvent du même nom. Les dernières béguines se fonderont parmi elles. En 1485 il est occupé par les sœurs pauvres de Sainte Claire, ordre relativement rigoriste. A partir de là on ne retrouve plus d’archives sur le béguinage royal de Paris.

Sources :

  • La nuit des béguines d’Aline Kinner
Aline Kinner, la nuit des béguines
Hommage à Aline Kinner

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Hadewijch d’Anvers

Hadewijch d’Anvers est une mystique, une visionnaire, une prophétesse, et une poétesse née vers 1200 dans les environs d’Anvers en Belgique et décédée dans un lieu qui nous est aujourd’hui inconnu. En effet, nous savons très peu de choses sur cette femme. Apparemment elle était issue d’un milieu aristocratique puisqu’elle parlait bien sûr le néerlandais mais également le latin et le Français. Elle intégra la communauté des Béguines dans la région du Brabant ou du moins en était très proche.

Qu’est-ce qu’une béguine ?

Une béguine est une femme souvent célibataire ou veuve ( parfois marié avec enfants…) habitant seule et ne dépendant pas d’un mari, d’une communauté religieuse, d’un curé. Les béguines se regroupaient au sein de ce que l’on appelle un béguinage, c’est à dire de petites maisons regroupées autour d’une église. Elles vivaient ainsi ensemble mais chacune chez elle, dans une sorte d’enclos mais un enclos ouvert sur le monde car elles sortaient comme elles l’entendaient. Cependant, il existait également en ville des rues, des quartiers, entièrement habitées par des béguines.

Le mouvement béguinal apparaît à la fin du XII siècle en Europe du nord ( Belgique, Pays-Bas, Allemagne…) et est exclusivement féminin. Son origine véritable nous est de nos jours encore inconnue. Plus tard apparaîtra les Béghards, pendant masculin des Béguines. Ce mouvement Chrétien se veut indépendant des autorités ecclésiastiques de l’époque. En effet, les béguines ne font partie d’aucun ordre religieux, d’aucun monastère. Elles sont le plus souvent indépendantes financièrement même si certaines d’entre elles mendient leurs subsistances. En général elles exercent divers métiers, aide-malade dans les hospices et léproserie, couturière, l’enseignement, copiste, lavandière…

Elles lisent les écritures, les commentent , ce qui agace profondément le clergé ( qui y voit une mauvaise compréhension des textes) , reçoivent les sacrements mais sont laïques. C’est un courant spirituel du Christianisme Européen. L’intériorité est primordial pour elle.

Au début du mouvement, les béguines étaient pour la plupart des aristocrates et donc lettrées et instruites. Mais au fil des années, beaucoup de femmes du peuple viendront au sein des béguinages.

Chaque béguinage fixe ses propres règles sous l’égide d’une « grande dame » élue pour un temps donné. Les béguines sont libres de travailler, de s’habiller comme elles l’entendent …

Silvana Panciera, les béguines

Qui est la béguine Hadewijch d’Anvers ?

Les informations sur sa vie qui nous sont parvenues viennent de sa correspondance. Ses œuvres, ses écrits ont été transmis, recopiés au cours des siècles par des chanoines, des chartreux, des bollandistes.

C’est au XIX siècle que l’on a découvert à la bibliothèque royale de Bruxelles deux manuscrits d’Hadewijch de poésie médiévale datant du XIV siècle.

Au XX siècle un jésuite, le père Van Mierlo, professeur à l’université de Louvain édite et commente l’oeuvre de la béguine. L’on commence alors à redécouvrir Hadewijch d’Anvers. Car il faut noter que contrairement à d’autres béguines il n’existe pas de biographie d’Hadewijch.

L’on sait d’après ses écrits qu’à l’enfance et vers ses 18 ans elle éprouve des extases ineffables, un amour violent pour Dieu. « DIEU », terme qui va petit à petit se modifier pour se transformer en le mot « AMOUR ». Elle parlera désormais uniquement de cet AMOUR ou comme elle l’appelle la « MINNE ».

Tout ce que l’on sait sur elle est inscrit dans ses correspondances ou bien n’est que pure déduction. Ainsi nous ne savons rien de son apparence physique mais, d’après ses écrits, nous savons qu’elle était de nature passionnée, d’une très forte personnalité, solitaire, et de lignée probablement aristocratique puisqu’elle connaissait le latin et le Français. Elle lisait le cantique des cantiques, l’apocalypse de Saint Jean, les écrits de Saint Bernard de Clairvaux, d’Augustin d’Hippone, et les récits de la littérature chevaleresque et de l’amour courtois. Elle célébrait la beauté de la nature ( des fleurs, des oiseaux, des étoiles…), pour elle la beauté était partout. Elle n’était pas attirée du tout, du tout par les flagellations en tout genre, les jeûnes drastiques etc. Hadewijch préférait la joie, la beauté et ne reniait pas la chair…

« Sous la forme virile, doux et beau dans la riche splendeur de son visage, il vint à moi, si humblement comme un amant qui se soumet tout à l’autre…S’avançant vers moi, il me prit toute en ses bras et me serra contre lui.; et tous mes membres sentirent les siens dans la plénitude que j’avais désirée de cœur, selon ma propre humanité. »

Visions, extrait

Les poèmes de la béguine tourne autour de l’amour de Dieu soit « Minne » et s’inspire des chansons, des poèmes de l’amour courtois ou du Fin’ Amor. Ainsi « Dieu » ou le « Christ » se retrouve dans la position de l’amant, du chevalier et Hadewijch dans celle de la Dame. C’est une mystique nuptiale, le but suprême est de se joindre à l’être divin. Ce qui est une hérésie selon le catholicisme, de la gnose car l’homme est création de Dieu et non une émanation.

Des Trobairitz du XII et XIII siècle, troubadour de la gent féminine, célébraient l’homme dont elles étaient éprises. Hadewijch semble s’ être inspirée des poèmes et Canso de Béatrice de Die, d’Azalais de Porcairagues, de Marie de Ventadour… Mais aussi du Cantique des cantiques.

« Mon coeur, mes artères et mes membres tremblaient et frémissaient de désir, et comme souvent je sentais en moi-même dans une tempête terrible ,que si je n’étais tout entière à mon bien aimé, s’il ne m’emplissait enfin de lui même, cette agonie me rendrait folle et cette fureur me ferait mourir. »

L’église elle, rejette l’Eros et le considère comme un péché. Le mariage doit avoir pour but la procréation et non le plaisir. D’où une certaine méfiance du clergé vis a vis de cette mystique.

La béguine est mordante, piquante quand elle parle des soi-disant croyant et peut-être bien du clergé … Pour elle il ne suffit pas d’aimer Dieu et de le dire, IL FAUT LE VIVRE ! Ceux qui n’ont aucune connexion au Divin sont à ces yeux « DES RAMPANTS » des tièdes, des médiocres.

Pour cette mystique « il faut se laisser choir dans l’abîme de Dieu ». La désappropriation de soi est une nuit sans repères mais l’une des voies obligatoire pour elle avec entre autre celle de la mystique de l’essence (identification) pour celui ou celle qui désire l’union à Dieu ou AMOUR.

Sa mystique se résumait à rien n’exclure, tout était transformable par la grâce de l’AMOUR. Tout donné à l’AMOUR, accepter les souffrances, les manques mais toujours dans la joie et l’amour.

« Quiconque veut aimer en vérité, qu’il ne garde rien pour lui »

Sa nostalgie de l’amour ou de « Dieu » était ressentie par elle comme un cruel manque. Elle n’avait de cesse de s’élever vers la « Minne », la lumière, l’amour. Dans ses extases, elle parlait de « fruition », terme pour définir la jouissance avec l’amant divin. Elle était humaine et ne rejetait pas cette humanité avec tout ce que cela comporte au niveau de la sexualité.

Dans sa correspondance avec d’autres béguines on retrouve les recommandations suivantes :

  • Méditer les écritures
  • Se recueillir sans intermédiaire, relation directe avec Dieu ou la Minne
  • Rectitude et confiance totale en l’AMOUR ou LA MINNE

« Ou est l’amour jamais ne manquent les grands travaux, ni les peines douloureuses »

« Les peines d’amour sont un pur trésor »

Sa mystique est dans la joie non dans la souffrance et la plainte.

Les œuvres d’Hadewijch d’Anvers sont écrites en langue vernaculaire ( néerlandais) et non en latin ce qui déplut fortement à l’époque aux autorités ecclésiastiques :

  • 31 lettres en prose
  • 16 lettres en rime
  • 45 chansons
  • 14 visions
Jacqueline Kelen – Hadewijch d’Anvers
Hadewijch d’Anvers – Émission de France culture de 1986

Le contexte de l’époque,XIII S

Au sein du peuple il y eut des moqueries, du rejet concernant ces béguines. Certains moines et prélats les traitaient de sorcières. C’était l’époque des cathares, des Vaudois, des frères libre du Saint esprit, des ordres mendiants qui voulaient s’émanciper de l’église. Les hérésies étaient nombreuses.

Pourtant des prêtres comme Jacques de Vitry, confesseur de la béguine Marie d’Oignies et Thomas de Cantimpré défendent vigoureusement les béguines. Le Roi Saint Louis en personne installe une communauté de Béguines en 1264 dans le quartier du marais à Paris.

Ratisbonne moine Franciscain les admire. En 1233 le Pape Grégoire IX demande qu’on les protège, Urbain IV fait de même en 1269, le pape Jean XXII également en 1319. En vain… Au concile de Vienne en 1311-1312 le pape Clément V édite un décret ruinant l’autorité spirituelle et l’autonomie des béguinages. A partir de cette période les béguines vont peu à peu disparaître ou se fondre dans les ordres religieux ( Bénédictines).

Pourquoi ses écrits ne sont connus que depuis le XIX siècle ?

Le prêtre Flamand Jan Van Ruusbroec ou Ruysbroeck (1293-1381) devenu un ermite s’inspire ou selon Jacqueline Kelen dans son livre « Hadewijch ou la voie glorieuse » plagie l’oeuvre de la béguine. La mère de Ruusbroec est elle même béguine.Le prêtre connait donc les écrits de ce mouvement et à même fréquenté des béguines à Bruxelles. D’après Jacqueline Kelen il est peu cultivé, rustre et ignore le latin. Il ne se prive pas de critiquer et de combattre les béguines qui sont pour lui des personnes « singulières », « orgueilleuses », « entêtées dispersées, incontrôlables ». A l’ âge de 50 ans il se retire dans la forêt de Soignes et écrit des œuvres qui connaîtront un certain succès. Là ou le bât blesse c’est que Ruusbroec s’approprie les thèmes et le vocabulaire d’Hadewijch sans jamais la citer. Son disciple Jan Van Leeuwen qui vivait avec lui évoquera Hadewijch en ces termes :

« Ainsi parle aussi une femme sainte et glorieuse du nom d’Hadewijch, vraie maîtresse de spiritualité. Car les livres d’Hadewijch sont certainement justes et bons, nés de Dieu et révélés par lui. Mais les enseignements de Hadewijch ne sont pas également profitables car nombreux sont ceux qui ne peuvent les comprendre… »

Jan Van Leeuwen, dit le bon cuisinier

En 1311-1312 le pape Clément V condamne le mouvement des béguines. Les écrits de la béguine Hadewijch circulent encore pendant un certain temps mais sentent le soufre. Ruysbroeck plus tard plagiera donc les œuvres , les thèmes de la béguine Hadewijch d’Anvers en omettant de citer sa divine inspiration.

De nos jours Hadewijch est présentée comme la précurseur de l’œuvre de Ruusbroeck… Elle apparaît comme une femme très cultivée, courageuse, cherchant à chaque instant l’élévation spirituelle ( S’est-elle fourvoyée dans le gnosticisme ? ). Elle rejoint en ce sens une autre grande figure féminine du moyen-âge sa consœur Hildegarde de Bingen.

Sources :

  • Jacqueline Kelen , Hadewijch d’Anvers ou la voie glorieuse
  • Silvana Panciera

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Ecrits sur l’hésychasme

Ce livre « Ecrits sur l’hésychasme » ou la tradition contemplative est écrit par Jean-Yves Leloup né en 1950 à Angers, philosophe et théologien Français mais également prêtre orthodoxe. A travers ce récit, il nous fait redécouvrir avec bonheur et émerveillement les pratiques contemplatives méditatives des pères du désert.

Qui sont les pères du désert ?

« Les pères du désert » sont les premiers chrétiens du II ème et III ème siècle, hommes et femmes, à avoir vécu dans le désert en ermite. Les plus connus sont Évagre le pontique, Jean Climaque, Cassien, Saint Antoine…

Ils vivaient dans le désert Égyptien, à l’intérieur de grottes, dans un dénuement, une ascèse total et pratiquaient la prière permanente, la prière du coeur. C’est avec ces premiers solitaires, ermites, anachorètes, que s’est formé le monachisme chrétien (communauté avec règles strictes) en Égypte( au III ème siècle). En 1978 en Égypte existait encore certains de ces moines filmés dans le documentaire présenté ci-dessous avec notamment la présence de Matta el Meskin.

Dans son récit, J-Y Leloup nous raconte l’histoire d’un jeune étudiant Français en philosophie (et donc s’interrogeant sur le sens de la vie..) , ayant lu multitudes de livres sur la prière. Grand lecteur, il n’est pas grand pratiquant ! Il part donc à la découverte du mythique monastère orthodoxe du Mont Athos en Grèce. En effet, dans ce haut lieu spirituel il rencontre un moine qui voudra bien l’initier à la prière du coeur. L’église d’Orient étant la plus proche, la moins « dénaturée » des traditions des pères du désert.

Qu’est-ce que la prière du coeur ?

La prière du coeur est une oraison largement enseignée dans le christianisme orientale Orthodoxe à contrario du christianisme occidentale qui en parle mais peu. C’est d’ailleurs pour cela que peu de chrétien en Occident la connaisse et la pratique. Elle est courte, et doit être répéter à la manière d’un Mantra . In fine, c’est l’union à l’Esprit de Dieu qui est ardemment désirée. C’est la prière des pères du désert, des premiers chrétiens sans église, de l’église primitive la plus proche des paroles du Christ et des Apôtres.

Chrisme - ame_voyageuse.fr

Notre jeune philosophe va donc apprendre avec le père Séraphin l’art de l’Oraison hésychasme ou la paix intérieure, comprendre et s’astreindre à « la Pratickè » méthode spirituelle d’Evagre pour purifier le coeur ..dompter les « logismoi » et ainsi se mettre en chemin pour atteindre la lumière.

Avis : Grande découverte que ce livre ! L’on plonge dans l’archéologie des premières heures chrétiennes avec la pratique de l‘hésychasme, véritable pratique spirituelle des pères de l’église ou pères du désert. En Occident ou l’on parle le plus souvent de pratiques contemplatives méditatives dans le boudhisme, d’hindouisme, le Zen, il est parfois de bon ton de rappeler que dans le christianisme existe une voie semblable…

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L’homme intérieur et ses métamorphoses

L’homme intérieur et ses métamorphoses a pour thème comme le titre de l’oeuvre l’indique :), la recherche intérieure afin de parvenir à son unicité.

Marie Madeleine Davy (1903/1998) est historienne, docteur en théologie et philosophie ainsi que spécialiste de latin médiéval. Elle fut dans la deuxième partie de sa vie conférencière sur le thème de la spiritualité de tradition judéo-chrétienne , de la vie intérieure.

« L’homme est exilé de lui-même, il est absent de lui, il lui faut apprendre à se
retrouver dans le fond le plus abyssal de son être »

Qu’est-ce que l’homme intérieur ?

L’homme intérieur est un homme ou une femme qui éprouve une certaine nostalgie, un manque, une incompréhension face au Monde . L’homme s’interroge alors sur le sens de tout ceci et décide d’entreprendre un voyage vers l’intériorité afin de se connaître, de se réaliser, d’arriver à l’unité. Savoir écouter avec le cœur, remonter à la source originelle.

Les métamorphoses

L’homme quand il se tourne vers lui-même se rend compte de la présence des multiplicités du « moi » et cette constatation n’est point agréable… Il faut donc qu’il opère en lui des métamorphoses, en clair qu’il travaille sur ses noirceurs, les assimile, afin de se relier à l’éternel. Il doit se remettre droit. Mais cela ne va pas se passer sans heurts !

Depuis l’Antiquité des prêtres, des thérapeutes de l’âme , ancêtres de nos psychologues actuels, reconnaissaient plusieurs « maladies mentales » comme la tristesse, la jalousie, l’orgueil… qui selon eux nous pourrissaient la vie. Ils les étudiaient , les scrutaient et savaient comment en venir à bout.(Cassien…)

La solitude

Obligatoire et nécessaire sur le chemin, du moins au début. La solitude n’est pas forcément un isolement au sens strict du terme. L’on peut vivre dans le Monde et être seul. C’est une étape, un passage nécessaire. L’on prend conscience qu’il n’y a pas de retour possible à la vie d’avant. Il faut avancer sur ce chemin de crête avec des victoires et des défaites.

La nourriture de l’âme

Concernant la lecture, indéniablement ce sont les textes sacrés. Ici en Occident la tradition judéo-chrétienne, les évangiles, la lecture des pères du désert, la philocalie, Bernard de Clairvaux…Quand à la musique, c’est avec les chants grégoriens que l’âme trouve son envol.

Marie-Madeleine Davy nous parle aussi des différentes méthodes corporelles utiles pour travailler aux métamorphoses intérieures avec notamment le yoga, le Zen qui peuvent aider à maitriser le mental.

Elle parle également de l’hésychasme avec la prière du cœur, l’ascèse, le travail du souffle afin de « faire descendre l’intelligence de la tête dans le coeur ».




Comment Jésus est devenu dieu

Comment Jésus est devenu Dieu est un livre retraçant la naissance du christianisme, les débats des premiers chrétiens sur la divinité de Jésus et sur le dogme de la Trinité.
L’auteur, Frédéric Lenoir est philosophe, historien des religions, producteur de l’émission « Les racines du ciel » sur France culture.

Les premiers siècles du christianisme ont été riches en débats de tout genre sur le Christ. En premier lieu, une question cruciale s’impose :

Qui est Jesus ?

Il faut savoir que Jésus à toujours laissé planer un doute sur son identité contrairement à Moise, Confucius, Bouddha, Mohamed qui étaient de simples mortels. Était il :

• Un prophète
• un fou
• un maître spirituel
• le messie attendu des juifs
• l’incarnation de Dieu ?

Jésus ( Yeshua ou Dieu sauve) vient au Monde entre le 7 et le 4 avant notre ère à Nazareth (Galilée) pendant le règne d’Hérode le grand et non en l’an 0. Il n’est pas né un 25 décembre ( Le 25/12 est fêté dans le culte de Mithra, « Sol invictus »), sa date de naissance nous est inconnue.

Ce que l’on sait c’est que Jésus savait lire, parlait en Araméen et en hébreu. Il suivait la loi juive donc était monothéiste, et était circoncis. Crucifié le 7 Avril de l’an 30 il était âgé de moins de 36 ans. A noter que même à l’époque de Jésus sa filiation était impossible à vérifier puis qu’Hérode le grand avait fait brûler toutes les archives juives pour couper court à toute prétention au trône de Jérusalem.

Les sources historiques prouvant l’existence de Jésus

Suétone, historien latin du II siècle dans « La vie des douze César- Claude » nous dit » l’empereur décida en l’an 49 ou 41 de chasser les juifs de Rome. La raison en était que ces derniers se soulevaient continuellement à l’instigation de Chrestos (Christ) ».

Pline le jeune, écrivain latin du I er siècle dit dans une lettre envoyée à l’empereur Trajan vers 111 que « le gouverneur y avoue sa perplexité devant ces chrétiens qui chantent un hymne au Christ comme à Dieu. »

Tacite, historien romain vers 120 écrit » qu’il y a à Rome des gens détestés pour leurs turpitudes, que la foule appelait chrétiens. Ce nom leur vient du Christ que sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice… »

Flavius Josèphe, historien juif fin du I siècle nous dit qu’en 62 » le nommé Jacques, frère de Jésus dit le Christ fut condamné à la lapidation » Dans ses » Antiquités Juives » il écrit « Jésus était un homme sage, un faiseur de prodiges, un maître des gens qui recevaient avec joie la vérité. Il entraîna beaucoup de juif et de grecs. Et quand Pilate le condamna à la croix, ceux qui l’avaient aimé précédemment ne cessèrent pas ».

Dans le Talmud de Babylone existe 2 références à Jésus qui le présente comme un faiseur de prodiges qui a égaré Israël.

Dans les textes les plus anciens du nouveau testament ( écrit entre 40 et 120 de notre ère), des contemporains de Jésus, des témoins oculaires nous livrent des informations précieuses mais… de sources Chrétiennes. L’évangile de Marc (le plus ancien, vers 60) nous parle d’un Jésus faiseur de miracles, guérisons, prodiges…

Le message de Jésus

A l’époque de Jésus cohabitent le judaïsme (sa religion), le polythéisme et le culte de Mithra (religion des romains) ainsi que divers petites sectes. Jésus arrive à cette période avec un message révolutionnaire pour cette région du monde puisqu’il s’agit de :

• L’égalité entre homme et femme, droit à la dignité pour tous
• Monogamie
• Protéger les faibles ( enfants, veuvages)
• Importance de l’éducation des enfants
• revendication de la justice et du partage
• non violence ( pas de sacrifices sanglants )
• Interdiction de vol , de pratiquer la magie, de mensonge
• émancipation de l’individu par rapport au groupe, à la société
• liberté individuelle du choix
• séparation du politique et du religieux
• fraternité humaine

En résumé un Vrai message d’humanisme.

Les premiers Chrétiens

Les premiers chrétiens du premier siècle étaient essentiellement des juifs. Petit à petit des » païens » se sont joints à l’église primitive ce qui ne s’est pas passé sans heurts. Entre le deuxième et troisième siècle il y ‘a une rupture entre les juifs et les chrétiens . Les romains à cette période de l’histoire persécute ces derniers pour… finalement en faire la religion officielle de l’Empire par la suite.

L’on s’aperçoit que dés le début du christianisme se profile des dissensions au sein de la communauté chrétienne. La religion, la croyance en Jésus, à son message n’est pas unifiée. En effet, de multiples groupes chrétiens se forment (sectes), des divergences de point de vue se font jour.

• Les pharisiens : Intellectuels qui commentent les textes
• Les esséniens : Ascètes (communauté à Qumran régime alimentaire stricte, pureté ne se mélange pas aux autres, pas de femmes)
• Les Baptistes : Avec Jean le baptiste dont Jésus était un des disciples
• Les saducéens : Aristocratie sacerdotale
• Les sicaires ou zélotes : Nationaliste contre les romains

Le message de Jésus étant essentiellement oral, il est perçu différemment en fonction des personnes ( sensibilité, conscience…). Ainsi, par la suite des évangiles sont écrits par des contemporains de Jésus, des disciples ou bien des années plus tard. Une multitude de textes, d’interprétation des paroles de Jésus circulent alors.

Jésus est il Dieu ?

Là est la grande question !

Ici aussi… survient des différents à ce sujet. Et de nombreux courants de pensée se sont formés :

Le docétisme : rejette l’humanité de Jésus, fin du I siècle( pour eux c’est Simon de Cyrène qui fut crucifié)
L’adoptianisme : rejet de l’incarnation du verbe fin II Siècle( caractère humain de Jésus), christologie ascendante
Monarchianisme : le père seul existe, il a pris chair dans Jésus
Le subordinatianisme : le fils est inférieur au père
Les nazaréens : Jésus est humain et divin
Les ébionites : Jésus fils de Joseph et non de Dieu
Les elkasaites : Jésus est un ange ( Implanté en Iran, Arabie)
Les marcion : rejet origine juive de Jésus, veut exclure la bible juive, l’ancien testament (Orient, Perse)

Et enfin pour finir le gnosticisme qui se désintéresse du Jésus historique et pour qui seul le sens du message compte. Ce mouvement a une doctrine ésotérique, hermétique. (En 1945 en Haute Égypte fut redécouvert 12 codex gnostique en copte datant du II, III et IV siècle : les codex de Nag hamadi )

« L’ignorance est esclave, la gnose rend libre »

Codex de Nag Hamadi

Mais pour l’apôtre Paul c’est une tout autre histoire !

« La connaissance enfle( l’égo) alors que l’amour édifie »

La gnose est un syncrétisme entre le christianisme primitif et les différents courants intellectuels de l’époque.

Unification des différents courants chrétiens

Au II et III siècle coexistent donc de nombreuses doctrines sur l’identité de Jésus. La grande Église veut unifier tous ces courants de pensée pour en faire une doctrine unique. Elle se base donc sur :

• L’affirmation que le monde matériel est bon
• l’élaboration d’un canon, d’une norme avec :

– l’ancien testament (bible juive) puisque Jésus était juif
– 4 évangiles ( Mathieu, Marc, Luc et Jean)
– Les actes des apôtres
– Les 14 lettres de Paul

Tous les autres évangiles et ils sont nombreux ,dits Apocryphes sont jugés hérétiques et non conforme au canon. Et ce, même si certains étaient lus et appréciés par les pères de l’église ( protoévangile de Jacques, apocalypse de Pierre et de Paul).

De violentes polémiques au sein de l’église vont voir le jour, car cette décision est loin de faire l’unanimité. Notamment avec Arius (né en Lybie vers 256), théologien à Alexandrie qui tient le même discours des néoplatoniciens. ( un principe divin, création du fils , esprit et âme). Pour lui le père et le fils ne sont pas consubstantiels (de la même substance). Il est excommunié en Palestine puis près de Constantinople. Cette affaire crée un sérieux trouble en l ‘Eglise chrétienne et menace d’un shisme entre l’Orient et l’Occident.

Le concile de Nicée

Il a lieu le 20 mai 325 et a pour objectif de réunir les evêques d’Orient et d’Occident pour débattre des différents sur l’identité de Jésus. Ce concile dure un mois mais est en quelque sorte « truqué » puisqu’il n ‘ y a pas débat constructif ( l’empereur Constantin est acquis aux thèses anti-arienne, les évêques d’Occident sont peu nombreux…) . La conclusion finale à ce concile est la destruction par le feu des ouvrages hérétiques, l’exil d’Arius, et la création du symbole de Nicée (trinité).

L’ Empereur Constantin établit la liberté de culte sous son règne, les chrétiens ne sont plus persécutés. La religion chrétienne devient religion d’État en 391 dans l’Empire Romain.

L’arianisme prospère alors en Orient, en Italie…

Le concile à Ephèse

Ce concile de juin 431 se porte lui sur la Mère de Dieu, Marie. Pour Nestorius, Marie n’est pas la mère de Dieu mais la mère du Christ…Polémiques à nouveau, disputes houleuses en Égypte, Antioche etc.

Nestorius est exilé à Pétra puis dans le désert Égyptien.

Avis : Durant 4 siècles les premiers chrétiens se sont querellés sur la substance du Christ. La grande église a tranché…Ce livre aborde des sujets « sensibles » pour l’église catholique. L’auteur, historien des religions, a fouillé dans l’histoire de l’église primitive et partage avec nous le fruit de ces recherches. Passionnant !

Ajout fév 2020 : Frédéric Lenoir tend vers la gnose chrétienne ( néo-christianisme) et non vers le catholicisme. Voir les travaux d’Adrien Bouhours .

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Le christ philosophe

« Le christ philosophe » est un livre de Frédéric Lenoir, historien des religions, chercheur associé à l’école des hautes études en sciences sociales. L’auteur nous démontre dans cet ouvrage que le Christianisme est une philosophie de vie avant d’être une religion. En enseignant une éthique à portée universelle , Jésus ou le Christ est le précurseur de l’humanisme moderne.

Le Christ, qui est-il ?

L’existence du Christ peut être controversé mais il faut tout de même prendre en considération des écrits historiques parlant d’un certain Jésus.

Notamment avec les textes de Flavius Josèphe, historien juif, non chrétien dans ses « Antiquités juives » rédigées vers 92/93 ap JC. Dont voici ci-dessous un extrait.

« Vers le même temps survint Jésus, un homme sage (si toutefois il faut l’appeler un homme). Car il était en effet faiseur de prodiges, le maître de ceux qui reçoivent avec plaisir des vérités. Il se gagna beaucoup de juifs et aussi beaucoup du monde hellénistique. Et Pilate l’ayant condamné à la croix selon l’indication des premiers d’entre nous, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire… » ou encore » Il convoqua un sanhédrin de juges et il fit comparaître le frère de Jésus appelé Christ ainsi que quelques autres Il les accusa d’avoir transgressé la loi et il les livra pour qu’ils soient lapidés. »

Une autre source existe avec « Les Annales » de Tacite qui décrit l’incendie de Rome en 64 ap JC:

« …Ce nom leur vient de Christus que , sous le principat de Tibère le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice…»

Dans le Talmud de Babylone il est écrit verset 43a qu’un certain Yeshu a pratiqué la sorcellerie et a séduit et égaré Israël avant d’être pendu à la veille de Pâques.

La vie de Jésus

C’est dans les évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean que nous trouvons des indications concernant la vie de Jésus.
Les historiens s’accordent pour datée sa naissance entre -5 et -6 avant notre ère , c’est à dire à la fin du règne du roi Hérode. Il a été élevé selon la loi et les coutumes juives de ses parents, de son peuple (circoncision, shabbat, pèlerinage et vie religieuse au temple) .

Sa famille a peut-être fui en Égypte pendant son enfance suite aux massacres des enfants de 2 ans ordonné par le roi Hérode. Il est vrai que la bible ne reparle de Jésus qu’à ces 12 ans avec la présentation au temple.

C’est vers l’age de 30 ans que Jésus rejoint Jean Baptiste au bord du Jourdain. Il est alors un prophète itinérant, indépendant qui pratique des exorcismes, des guérisons (lépreux, paralytique, aveugle, ressuscite les morts, marche sur l’eau, multiplie les pains, apaise la tempête…). En fait un marginal…

Les experts en la matière pensent qu’ il meurt sur la croix vers l’âge de 35/36 ans.

La philosophie du Christ

Frédéric Lenoir nous démontre ici que le christ est l’initiateur de la démocratie et des droits de l’homme qui sont nés en Occident.

En effet le christianisme est une religion révolutionnaire pour son époque !

Elle enseigne :

• La dignité pour tous
• L’égalité homme & femme, juif & non juif, citoyen & esclave
• Justice & partage
• Non violence
• Émancipation de l’individu
• Émancipation de la femme
• Liberté de choix, responsabilisation de sa vie
• Séparation du politique & du religieux

La liberté individuelle est un concept cher au Christ puisqu’ il nous dit de choisir son chemin en toute conscience, se libérer si besoin des clans, de la famille.

L’émancipation de la femme de la tutelle masculine est présente dans sa philosophie puisque beaucoup de femmes étaient à ces cotés. ( jeunes, vieilles, riches, pauvres, prostituées…)

La séparation du politique et du religieux est bien présent dans ses paroles puisqu’ il n’a pas appelé à la révolte sociale ou politique mais à être près de Dieu. Nous le voyons ci-dessous avec ces paroles :

En regardant une pièce d’argent il demande aux prêtres du temple :

«De qui est l’effigie que voici ? On lui répond de César. Jésus dit alors : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Il préconise ainsi de « Vivre dans le monde sans être du monde ».

La non violence et le pardon ne sont pas vu comme de la faiblesse, bien au contraire. Le pardon n’est pas synonyme d’oubli mais la spirale de la haine ne mène à rien.

Le Christ n’a pas voulu fonder une religion avec un clergé, des dogmes…Pour lui chaque être humain était relié directement à Dieu, pas besoin selon lui d’intercesseur humain.

Mais ce message, cette philosophie a été trahie, manipulée au cours des siècles par l’autorité de l’église pour asseoir son pouvoir sur les hommes…

Les hommes ne sont que des êtres humains avec leurs défauts (abus de pouvoirs, orgueil…).

C’est ainsi que l’église officielle au cours des siècles a montré avec les bûchers de l’inquisition, les conversions forcées, la débauche sexuelle des papes de la renaissance, les prêtres pédophiles … que son message était parfois bien éloigné de celui des évangiles !

Cependant il ne faut pas oublier non plus les êtres sincères et bons qui œuvrent au sein de cette même église comme certains évêques créateurs d’ asiles pour les pauvres, les malades, les missionnaires qui bâtissent des écoles, des dispensaires, qui fondent des universités (gratuites pour les pauvres avec le concile de Latran III en 1179), qui transmettent leurs savoirs, les bâtisseurs de cathédrales…

Il faut savoir faire la distinction entre « les chrétiens de nom » et « les chrétiens en acte » !

Pour ma part, je pense que cette trahison du verbe, de l’enseignement d’une sagesse antique au cours des temps n’est pas uniquement observable dans le Christianisme mais dans toutes les religions.

Ainsi pour exemple flagrant d’une dégénérescence du Christianisme : le Christ n’a jamais cherché à souffrir !

En effet, il accepte la souffrance quand elle advient mais ne la recherche pas !

Proclamé la nécessité de la souffrance, de la douleur afin de se rapprocher du Christ comme le dolorisme plus tard la fait avec les flagellations, les mortifications est une aberration…

Le message de cette philosophie du Christ

C’est un message d’humanisme bien avant les Lumières !

La liberté de l’homme est primordiale et s’acquiert avec la responsabilisation de l’individu, son autonomie, sa liberté de conscience !

Tout ceci se trouve dans les évangiles.

« Priez dans le secret de son cœur »